Lassés d’attendre depuis des années, les artistes gabonais réunis en association ont récemment exigé du Bureau gabonais des droits d’auteurs et des droits voisins (Bugada) le paiement de leurs droits d’auteurs.

Les droits d’auteurs au Gabon, une vielle histoire ! © Shutterstock

 

Des années se sont écoulées depuis la promesse du gouvernement d’instituer le paiement des droits d’auteurs des artistes gabonais. Plusieurs mois sont passés depuis la création puis le lancement des activités du Bugada, la structure à qui le président de la République avait confié, en 2015, le traitement de cette épineuse question. Pourtant, jusqu’au mercredi 27 décembre, les membres de l’Association des artistes gabonais (Asaga) avaient encore le sentiment que les autorités les considéraient comme des mendiants. Ce qui ne devrait plus durer, a promis Jean Marie Edzome. Le président de l’association créée il y a moins d’un an appelle ses collègues à se mobiliser pour faire respecter leurs droits.

En ligne de mire de l’Asaga, le paiement des droits d’auteurs des artistes courant 2018. Il s’agit pour l’association de rappeler les autorités à leurs promesses, qui datent de 12 ans. «En 2005, le défunt président Omar Bongo avait pris un décret fixant la tarification des redevances relatives aux droits d’auteurs et droits voisins», s’est rappelé Jean Marie Edzome, précisant que, avec la création effective du Bugada en 2013 par Ali Bongo, la situation des artistes gabonais aurait déjà dû s’améliorer. Au contraire, cette structure ne semble exister que de nom. Depuis son conseil inaugural, en juillet 2016 à Libreville, au cours duquel il a arrêté à 116 millions de francs son budget triennal, le Bugada n’a plus jamais évoqué la question des droits d’auteurs.

«Nous savons tous que le Bugada existe maintenant et que tous les mécanismes liés au paiement des droits d’auteurs sont mis en place. C’est notamment sur cette base qu’il nous avait été promis qu’on percevrait nos droits au plus tard en décembre 2017. Nous nous rendons compte que rien n’est fait dans ce sens. Or, nous savons qu’il y a de l’argent dans les caisses du Bugada», a déclaré le président de l’Asaga, qui a souhaité qu’«on ne trompe plus les artistes», particulièrement ceux s’étant acquittés de leurs droits d’adhésion.

En juillet 2016, les administrateurs du Bugada avaient fixé le montant des frais d’adhésion à 20 000 francs CFA pour tous les auteurs d’œuvres de l’esprit. Un plan d’action avait également été adopté, qui tarde à être mis en pratique.