Réunies en assemblée générale, le 18 août 2017, à la Chambre de commerce de Libreville, les agents des régies financières ont porté sur les fonts baptismaux la Fédération des syndicats des régies financières et des administrations assimilées (FESYREFAA) et annoncé une grève générale illimitée dès le lundi 21 août prochain.

Le bureau provisoire de la Fédération des syndicats des régies financières et administrations assimilées à l’assemblée générale du 18 août 2017. © Gabonreview

 

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Face à leurs membres venus en grand nombre, les leaders des mouvements syndicaux des régies financières du Gabon entendaient éclaircir les zones d’ombre notées depuis la dernière annonce de suspension de leur grève d’avertissement de trois jours. En effet, après avoir obtenu la garantie du gouvernement de payer, dès le 10 août, un mois de bonus et une prime, avant la perception de leur salaire le 25 du mois et une autre prime courant août, les agents des régies financières avaient consenti à la suspension de leur grève.

Mais entretemps, selon Wilfried-Erisco Mvou-Ossialas, le porte-parole de Fédération des syndicats des régies financières et des administrations assimilées (Fesyrefaa), le gouvernement n’a pas respecté ses engagements. «La grève commence à partir de lundi prochain parce que le gouvernement actuel et sortant a pris des engagements de nous payer à la date du 10 août 2017 et ces engagements n’ont pas été exécutés», a-t-il déclaré. S’en offusquant, l’ensemble des agents des régies financières a estimé que «c’était une énième façon pour le gouvernement de les tromper».

 «Face au mutisme de certains de nos responsables administratifs qui ont coupé le cordon du dialogue, nous avons donc dit que la Fédération va renouer ce dialogue pour amener tout le monde autour de la table des discussions, parce que nous n’avons pas d’autre pays de rechange, nous n’avons qu’un seul pays et c’est le Gabon», a assuré Mvou-Ossialas.

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Quant à la création de la fédération sus nommée, le porte-parole du groupe relève qu’une intersyndicale n’est que factuelle. «Elle ne se réunit que pour un point et une fois le problème résolu chacun retrouve son entité. Or la fédération a un caractère légal, un caractère permanent». En créant donc cette fédération, l’objectif des adhérents est de prendre le bâton de pèlerin pour revendiquer, dans la légalité, leurs droits. «Nous devons revenir à l’état où nous étions avant 2014. Voici l’objectif de notre fédération, c’est de dire que nous ne pouvons pas marginaliser ceux qui ont la responsabilité de la dépense publique, ceux qui ont la responsabilité de la recette et du budget de l’Etat. C’est pourquoi nous avons jugé nécessaire de mettre en place cette fédération», a-t-il ajouté.

La grève, générale et illimitée est le premier grand test de cette fédération qui espère que le gouvernement l’invitera à la table des négociations. Son préalable demeure, toutefois, le paiement de des arriérées de primes. «A l’heure actuelle, nous ne pouvons pas parler de service minimum parce que nous n’avons pas la réaction de l’équipe en face. C’est à eux maintenant de prendre conscience que nous ne sommes pas en train de nous amuser et que nous voulons effectivement discuter et ce sera à partir de ce moment que nous pourrons faire évoluer nos positions», a précisé le porte-parole du Fesyrefaa.