Sujet des plus commentés en ce moment dans la province gabonaise de la toile mondiale : le dîner offert, le 20 septembre dernier à New York, par le président le plus puissant du monde à des présidents africains triés sur le volet. Ali Bongo n’y figurait pas. Morceaux choisis dans le déferlement de commentaires y consécutif.

Le dîner offert par Donald Trump à 9 dirigeants seulement, le 20 septembre dernier à New York, en marge de la 72e AG de l’ONU. © D.R.

Les réseaux sociaux gabonais grouillent de posts commentant l’absence d’Ali Bongo au dîner offert, le 20 septembre dernier, par Donald Trump à une dizaine de dirigeants africains, sur la trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement présents à New York dans le cadre de la 72e Assemblée générale ordinaire des Nations Unies se déroulant du 12 au 29 septembre courant.

Pays qui comptent en Afrique

Dans les groupes de discussion WhatsApp et Facebook mais également sur bien de sites et blogs, nombreux raillent en effet l’absence du président gabonais à ce dîner où étaient conviés Alpha Condé (Guinée), Alassane Ouattara (Côte d’ Ivoire), Macky Sall (Sénégal), Nana Akufo Addo (Ghana),  Hage G. Geingob (Namibie), Muhamadu Buhari (Nigéria), Jacob Zuma (Afrique du Sud), Yoweri Museveni (Ouganda) et Hailemariam Desalegn (Éthiopie). En ses convives, Donald Trump, hôte du repas, voit «des partenaires pour promouvoir la prospérité et la paix sur une série de problèmes économiques, humanitaires et de sécurité.» Il n’en fallait pas plus pour que les contempteurs d’Ali Bongo glosent et concluent qu’il est de notoriété internationale que celui-ci est incapable d’impulser la prospérité de son pays, encore moins d’y garantir la paix.

Pourtant, dans son discours à la tribune des Nations unies, le lendemain jeudi 21 septembre, Ali Bongo Ondimba a soutenu qu’«à propos de la paix, il s’agit, avec la sécurité, de préalables nécessaires au développement de l’Afrique et de mon pays, le Gabon» et que son «gouvernement s’efforce d’offrir aux Gabonais des conditions de vie meilleure, par diverses mesures, allant de la réduction des prix des denrées de première nécessité à la construction d’hôpitaux universitaires de troisième génération» ; sans oublier le «programme pour l’égalité des chances». Donald Trump le savait-il ? Cela compte-t-il pour lui ? Toujours est-il qu’outre Ali Bongo, aucun président de l’Afrique centrale n’était invité au dîner du président américain, induisant de ce fait la même raillerie, notamment au Cameroun envers Paul Biya.

Un air des violences politiques au Gabon entre 2009 et 2016

Pour certains commentateurs, Trump n’a invité à sa table que les leaders des pays qui comptent en Afrique noire. «Le Gabon n’en fait pas partie selon l’administration américaine», estime un internaute sur Infos Kinguélé, avant d’ajouter, visiblement bien documenté : «Donald Trump appelle d’ailleurs à des réformes démocratiques dans le monde. Il l’a rappelé lors de ce dîner mais aussi lors de son discours à la tribune de l’ONU, lorsque prenant le cas de l’Iran il a condamné les régimes qui en viennent “à restreindre l’accès à Internet, détruire les antennes paraboliques, tirer sur les manifestants étudiants non armés et emprisonner les réformateurs politiques “». Des actes qui rappellent en effet les violences politiques survenues au Gabon entre 2009 et 2016.

Pour le média en ligne gabonais info241, l’absence d’Ali Bongo à la table de Donald Trump est «une douche froide», un sérieux camouflet diplomatique pour Ali Bongo qui «n’est pas un “leader fréquentable” en Afrique ou du moins n’est pas un président démocrate». Le journal tourne en dérision la «campagne de communication et de propagande web qui n’ont duré que quelques heures du fait d’un saupoudrage hallucinant», notamment basée sur «une hypothétique photo tronquée qu’auraient pris ensemble les deux chefs d’Etat, en témoignage de l’excellence des relations qui lieraient les deux pays». Dire que, toujours selon info241, Ali Bongo «a tout misé sur les lobbyistes et ses fanatiques pour tenter de redorer son image égratignée par la résolution de l’Union européenne qui appelle aux sanctions ciblées contre son régime coupable de fraude électorale et des violations des droits de l’homme.»

«Heureux les invités au repas du Seigneur !», entend-on souvent dans les églises catholiques à chaque eucharistie. Alors, malheureux ou honnis ceux qui n’étaient pas au repas de Trump ?