À l’aide de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, policiers, et gendarmes venus en renfort, se sont interposés et ont dispersé les marcheurs répondant à l’invitation des leaders de la coalition autour de Jean Ping. Aucun blessé clairement identifié, ni mort, n’a été noté même si l’on compte plusieurs interpellations.

Les marcheurs au départ du QG de Jean Ping, le 25 août 2017. © Gabonreview

 

La marche des partisans de l’opposition dispersée violemment par la police à Libreville. Et, les manifestants devant la tribune officielle à Oyem (en bas). © Gabonreview

Les partisans de l’opposition gabonaise regroupés au sein de la Coalition pour la nouvelle république, mobilisés ce 25 août au Quartier général de Jean Ping pour «lancer l’assaut final» en vue de «l’installer au pouvoir», ont entamé une marche, dispersée, au bout d’un déroulement sur près de 3 kilomètres, par la Police nationale.

A l’aide de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, les forces de défense et de sécurité ont intercepté les marcheurs dans le quartier Derrière-la-prison, dans le deuxième arrondissement de Libreville. On dénombre plusieurs interpellations, et pas de blessé identifié ou de mort.

Las d’attendre les discours promis, les manifestants sont partis du QG de Jean Ping sans mot d’ordre particulier de la part des dirigeants de la Coalition. Trouvant donc que les choses trainaient, ils ont pris, de leur propre chef, la décision de parcourir les rues de Libreville, avec l’ambition de «chasser Ali Bongo du pouvoir». Plutôt disciplinés, les opposants n’ont cette fois pas pris pour cible les magasins et autres échoppes du quartier traversé des Bas-de-Gué-Gué.

Ces jeunes, qui pour la plupart ne démordent pas dans leur ambition de porter Jean Ping au pouvoir, répondaient à l’appel du candidat à la dernière présidentielle. Celui-ci indiquait, le 18 août dernier, que «l’heure a sonné» et qu’il s’interdisait désormais de freiner les velléités des uns et des autres quant à l’issue escomptée.

Scénario identique dans le Woleu-Ntem où les partisans de Ping se sont donné rendez-vous dans la matinée à la place de l’Indépendance de la commune d’Oyem. Les alentours de la tribune officielle du chef-lieu de la province du nord ont également été le théâtre d’échauffourées entre les partisans de l’opposition et les forces de sécurité, envoyées en interposition d’une marche annoncée comme pacifique. Le fort contingent déployé par le commissariat de police de la ville a donc dispersé la marche que les militants de l’opposition ont tenté, en vain, de reconstituer en empruntant divers autres chemins. Reconstituée en partie, la cohorte de manifestants s’est dirigée vers le quartier Adjougou avant d’être dispersée.

Sur les réseaux sociaux, des images et petits textes sont publiés qui rapportent que des scènes similaires ont eu lieu dans le sud du pays, plus précisément à Tchibanga dans la Nyanga où, là aussi, la police serait intervenue, ainsi qu’à Port-Gentil, chef-lieu de l’Ogooué-Maritime, province de laquelle est originaire Jean Ping.

Auteur : Alain Mouanda