Plusieurs mois après la disparition d’Alain Mbella, militant et responsable du Rassemblement Héritage & Modernité (RHM) à Kango, les jeunes du parti dirigé par Alexandre Barro Chambrier s’offusquent du silence des autorités judiciaires du Gabon, qu’ils ont mises face à leurs responsabilités en saisissant le procureur de la République.

Steve Ndong Essame Ndong, le procureur de la République, saisi par les jeunes du RH&M sur la disparition d’Alain Mbella. © Gabonreview

 

N’ayant donné aucun signe de vie depuis le 18 décembre 2017, la situation d’Alain Obiang Mbella préoccupe le Mouvement des jeunes modernisateurs (MJM). Ce mercredi 28 février, ses membres s’étonnent de ce que, plus de deux mois après la disparition du secrétaire administratif du RHM à Kango, aucune enquête n’ait été lancée par les autorités judiciaires, en dépit des plaintes et interpellations de sa famille biologique et politique.

«Nous sommes très choqués par le mutisme et l’indifférence des autorités publiques compétentes en la matière, notamment le procureur de la République et le ministre de la Justice lorsque de tels cas de disparition surviennent», a déclaré le président du MJM, rappelant que le cas de leur compagnon est loin d’être le seul. «Il y a deux autres jeunes de l’opposition (Stempy Love Obame et Armel Mbina, ndlr), qui sont aussi portés disparus, pratiquement depuis la même période.»

S’ils ont rappelé aux autorités leur devoir de protection des populations sans tenir compte de leurs bords politiques, les Jeunes modernisateurs ont dit avoir saisi le procureur de la République «afin que lumière soit faite sur cet énième cas d’enlèvement de compatriotes, pour qu’enfin les différentes familles puissent avoir des nouvelles de leurs enfants». Pour les jeunes du RHM, il s’agit de «mettre les autorités judiciaires devant leurs responsabilités devant l’opinion nationale et internationale». Gageons qu’elles répondront.