L’annonce de l’enlèvement du directeur de l’hebdomadaire «La Une», Maximin Mezui, a suscité l’ire de Féfé Onanga. Ce farouche soutien de Jean Ping a interpelé Ali Bongo le 2 février, via une vidéo publiée sur sa page Facebook.

Le président du Mouvement populaire des radicaux (MPR) Féfé Onanga. © D.R.

 

Empêché de s’exprimer à travers les causeries et meeting politiques par le pouvoir, Féfé Onanga, président du Mouvement populaire des radicaux (MPR) a opté pour la toile, via Facebook, pour s’exprimer. Inflexible dans son langage, le soutien de Jean Ping n’entend pas ménager Ali Bongo.

«J’ai pris la ferme résolution de m’adresser directement à Ali Bongo pour qu’il comprenne que je suis Gabonais et j’ai le droit à la parole. Je n’ai pas demandé à Dieu de me créer comme Gabonais», a précisé le leader du Mouvement populaire des radicaux, à l’entame de sa vidéo.

Dans sa vidéo, Féfé Onanga s’interroge sur les réelles motivations d’Ali Bongo à la tête du pays depuis deux ans. Car selon ses observations, la résolution de la crise qui paralyse le pays est loin de préoccuper le président de la République. Mieux, elle n’intègre pas ses priorités d’action qui se résument, selon ce dernier aux actions de loisir (courses, voyages, musique, football). Entre les grèves dans les administrations, l’amélioration de la qualité des prestations sanitaires, le chômage des jeunes et les licenciements en cascade, l’intérêt du chef de l’État serait ailleurs.

«Ça fait deux ans que tu as pris le pouvoir, il n’y a pas un seul signe d’apaisement que tu as insufflé, si ce n’est la prison, les enlèvements, les arrestations et les meurtres. C’est tout ce que tu as fait. Donc c’est le bilan que tu feras à la fin de ton mandat ?», souligne Féfé Onanga, ironisant sur ce que pourrait être le bilan d’Ali Bongo par rapport à celui de son prédécesseur. «Ton père a fait plus de 40 ans, il nous a fait manger et boire la paix, vraiment nous sommes contents, on l’a aimé. Toi, c’est l’enlèvement, les prisons et les tueries. Et d’ailleurs, c’est la seule entreprise qui existe au Gabon».

Affirmant être dépassé par le comportement du fils d’Omar Bongo vis-à-vis de ses compatriotes, fussent-ils opposants, le principal représentant de l’ancien candidat à la présidentielle d’août 2016 à Port-Gentil, souhaite connaître le sort qui est réservé à toutes les personnes victimes d’enlèvement, d’emprisonnement.

«Dis-moi Ali, tu as pris le pouvoir pour orchestrer l’enlèvement des Gabonais, mettre des Gabonais en prison et tuer les Gabonais ? Que fais-tu des gens que tu enlèves ? Vous les mangez ? Ils décorent ta prison ou te servent à affirmer ton pouvoir en disant voici les opposants que j’ai mis en prison ?», s’est-t-il interrogé.

Le président du MPR estime qu’ «il est inadmissible d’enlever des êtres humains comme vous pour le plaisir de le faire, les priver de liberté, rendre leurs familles anxieuses, juste parce qu’ils ont mal parlé du Régime».