Si la prison centrale de Libreville éprouve de sérieuses difficultés ces dernières années, une sombre affaire de disparition de pistolets automatiques vient en rajouter aux inquiétudes.

Un pistolet automatique (PA) de marque Tokarev. © frontovik.net

Un pistolet automatique (PA) de marque Tokarev. © frontovik.net

 

Visiblement bien au fait de cette affaire qui date de plusieurs mois, l’hebdomadaire La Calotte (n°88) rapporte, dans sa publication du 27 août courant, une mystérieuse disparation d’armes de fonction à la prison centrale de Libreville. Habituée, ces dernières années, à des frasques qui ont notamment conduit à plus d’un remplacement au niveau du commandement en chef de la sécurité pénitentiaire, la prison centrale semble se complaire dans la mauvaise image qu’elle renvoie. Pour certains, ses premiers responsables aiment à entretenir le mystère autour des affaires qui touchent au fonctionnement de son administration, à la situation des détenus et même des matons. Or, de ce que croit savoir La Calotte, les choses sont bien plus graves et nécessitent que toute la lumière soit faite sur la dernière affaire : «la disparation d’armes à feu».

De fait, rapporte-t-on, «un pistolet automatique (PA) de marque Tokarev, immatriculé n°20020144/66, avec des munitions du chargeur de 5 balles de 9 mm ; une arme à feu, de même type immatriculée n°2001973/99, avec un chargeur garni de 8 balles de 9 mm» ont tout bonnement disparu, sans qu’on ne sache s’ils l’ont été dans l’enceinte de l’institution carcérale ou dans les domiciles des matons concernés. Pourtant, à ce qu’il semble, les responsables de la prison ne s’en inquiètent pas outre mesure. Pis : la disparition des pistolets automatiques qui, prétend-on, «font partie de la dotation du 17 janvier 2012», semble ne pas inquiéter leurs personnes concernées, à savoir : «un agent détaché auprès du parquet de la République, près le tribunal de première instance de Libreville» et un autre, qui aurait agi pour le compte de deux détenus.

Des «révélations» plutôt graves que notre confrère dit tenir d’«une source autorisée» selon laquelle la deuxième arme aurait été récupérée par un mystérieux procureur adjoint à la prison centrale, sans qu’aucune preuve de cette transaction n’apparaisse dans aucun dossier. Loin d’être amusante, cette histoire pose un problème de sécurité publique et suscite des interrogations sur une éventuelle circulation d’armes à feu dans la ville. D’où la nécessité pour l’administration mise en cause de s’expliquer en vue de faire toute la lumière sur cette affaire.