Membre de la galaxie Jean Ping, l’ancien vice-président du Gabon a épousé l’idée d’une médiation internationale, dont l’issue serait le départ du pouvoir d’Ali Bongo. Dans une interview à RFI, le 6 juin, Divungi Di Ndinge a également suggéré des «sanctions ciblées» de l’Union européenne contre le Gabon, en cas de refus de cette concertation par le pouvoir.  

Didjob Divungi Di Ndinge © rfi.fr

 

Peu après la dernière sortie de Jean Ping, le 2 juin dernier à Libreville, Didjob Divungi Di Ndinge a commenté certains aspects de la déclaration de l’ancien candidat à la présidentielle d’août 2016. Dans un entretien à RFI, le 6 juin, l’ancien vice-président du Gabon s’est prononcé sur le vœu de médiation internationale souhaitée par Jean Ping avec, comme finalité, le départ d’Ali Bongo.

«De 2009 à 2016, au lieu de résoudre le problème se posant au Gabon depuis des décennies, à savoir la possibilité d’alternance, de changement, de démocratisation de la gouvernance qui est le problème fondamental ; rien n’a été fait pour éviter à notre pays, la situation que nous connaissons aujourd’hui. Aussi bien sur le plan politique, institutionnel, économique, social, que culturel. Voilà la réalité !», a déploré le président de l’Alliance démocratique et républicaine (Adere).

Pour l’ancien Vice-président du Gabon, de 1997 à 2009, la sortie de crise ne devrait pas se traduire par un duel Ali Bongo-Jean Ping. «Ni même de faire ce qui vient de se passer au niveau du dialogue d’Ali Bongo. Ni même, bien entendu, ce qui s’est fait au dialogue nationale pour l’alternance, sous l’égide de Jean Ping», a indiqué Didjob Divungi Di Ndinge. «Nous souhaitons simplement que s’il y a médiation internationale, que celle-ci permette, premièrement de reconnaître la vérité des urnes et négocier peut-être un départ du pouvoir d’Ali Bongo, sans tambours ni trompettes», a-t-il déclaré.

S’il n’a pas exprimé sa totale confiance à la communauté internationale, il lui a cependant accordé le bénéfice du doute. Car, a-t-il justifié, «Dans le fond, notre cas n’est pas aussi différent de ce qui vient de se passer en Gambie. Bien entendu, notre problème n’est pas identique à celui de la République démocratique du Congo». Didjob Divungi Di Ndinge reste ainsi convaincu que si le pouvoir en place refuse le dialogue intensif avec l’Union européenne, cette dernière est susceptible de prendre d’autres dispositions, notamment des sanctions ciblées. «Elle vient de le faire en RDC», a-t-il fait remarquer.

Par ailleurs, ce dernier n’a pas manqué de revenir sur les assises d’Angondjé, auxquelles n’a pas participé Jean Ping. Une participation qui ne se justifiait pas. Pour Didjob Divungi Di Ndinge, participer à cette concertation aurait eu la même issue que le recours de Jean Ping auprès de la Cour constitutionnelle, lors de la crise postélectorale, à la demande de la communauté internationale.

«Jean Ping a introduit le recours et le résultat est connu de tous. Jean Ping et la coalition qui l’entoure auraient participé au dialogue d’Ali Bongo, je pense que rien ne serait sorti de cette concertation autrement que ce qui en est sorti : c’est à dire rien !», a-t-il affirmé, glissant par ailleurs quelques mots sur Casimir Oyé Mba ou Guy Nzouba Ndama. Après avoir proposé l’hypothèse d’un nouveau dialogue à Ali Bongo, ces derniers ont essuyé un échec.

«Je n’ai pas de commentaires particuliers sur Casimir Oyé Mba et Guy Nzouba Ndama. Ce que je sais c’est qu’ils sont membres éminents de la coalition, qu’ils partagent avec nous les mêmes préoccupations. Les analyses qu’ils font avec nous sont les mêmes. Et je suis convaincu qu’ils partagent la position qu’a donnée Jean Ping vendredi dernier (le 3 juin, ndlr)», a conclu Didjob Divungi Di Ndinge.