La commission ad-hoc paritaire (majorité-opposition) chargée des préparatifs du dialogue politique a pris ses marques, le 15 février dernier à Libreville, sans aucun représentant de la société civile.

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Dans le cadre des réunions d’élaboration de la trame qui constituera l’ordre du jour officiel du dialogue politique souhaité par Ali Bongo, le président de la commission interministérielle chargée de cette grande rencontre, a convoqué une séance de travail le 15 février dernier à Libreville. Emmanuel Issoze Ngondet a ainsi convoqué les 40 membres composant la commission ah-doc paritaire, chargée de préparer l’organisation du dialogue politique.

Ces 40 membres de la commission ah-doc paritaire se décomposent en 20 membres pour la majorité et 20 pour l’opposition, ainsi que les membres du gouvernement prenant part à ses travaux. Leur mission est d’élaborer les termes de référence de ce dialogue politique, en termes de format, de contenu et de portée juridique.

Il s’agit entre autres, de garantir la confiance entre les différents acteurs politiques de la majorité et de l’opposition, à travers un code de bonne conduite et un règlement intérieur ; identifier les groupes appelés à prendre part aux travaux ; sélectionner les thématiques qui articuleront l’ordre du jour du dialogue politique ; préciser les besoins matériels, financiers et humains, ainsi que les contours des instruments de gouvernance et leurs animateurs.

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Une concertation qui devra ainsi «être plus en phase avec nos réalités, notre environnement, notre sociologie et nos valeurs traditionnelles profondes», a déclaré le Premier ministre. Selon Emmanuel Issoze Ngondet, cette rencontre permettra également de faciliter une cohésion entre le peuple gabonais.

Une logique ne se reflétant pas cependant dans la composition des participants aux travaux préparatoires de cette concertation. Pour beaucoup, en effet, ces «travaux préparatifs sont purement discriminatoires et sélectifs pour une initiative dont l’objectif principal est de sortir le pays de la crise multiforme qui le secoue depuis plusieurs années».

Les marginalisés de ces travaux sont les acteurs de la société civile, les représentants des confessions religieuses ainsi que les partenaires sociaux. «Je souhaite la participation de tous et la contribution de chacun, afin que cette rencontre soit l’occasion du raffermissement de nos institutions, de la consolidation de notre démocratie, de la paix et de l’unité nationale», avait pourtant lancé le président de la République, lors de son traditionnel discours de fin d’année à la Nation.