Après près d’un mois et demi de travaux, le Dialogue politique organisé à l’initiative du président Ali Bongo s’est achevé le 26 mai 2017, avec les signatures des protocoles d’Accords par les représentants de la majorité et de l’opposition, donnant ainsi naissance aux Accords d’Angondjé.

Ali Bongo Ondimba posant avec les participants au Dialogue politique, à l’issue de la remise du protocole d’Accords entre les parties prenantes, le 26 mai 2017. © Gabonreview

 

Instantanées de la cérémonie de remise du rapport du dialogue politique. © Gabonreview

Entamé le 12 avril 2017, le Dialogue politique s’est achevé le 26 mai, avec la remise officielle des Actes de ces assises au président de la République, par les représentants de l’opposition et de la majorité.

Dans son discours de clôture, Ali Bongo a déclaré qu’«en optant pour le dialogue d’Angondjé̀, vous avez clairement fait le choix de l’échange de paroles pour proposer des solutions aux problèmes du Gabon, plutôt que d’escompter, vainement, sur le funeste verdict de l’affrontement violent».

Ali Bongo estime en effet que par l’usage de la palabre, «ce mécanisme traditionnel de prise de décision, il s’agissait de préserver l’essentiel, c’est-à-dire le lien social, le vivre-ensemble, par-delà les controverses et les polémiques inhérentes au pluralisme politique». Si le chef de l’Etat a souligné que le peuple peut tenir pour «résolument acquis» son engagement et sa détermination à aider les institutions compétentes à traduire en lois, règlements et décisions ce qui a été décidé ; il cite Montesquieu pour rappeler que «c’est au législateur à suivre l’esprit de la nation, lorsqu’il n’est pas contraire aux principes du gouvernement car, nous ne faisons rien de mieux que ce que nous faisons librement et selon notre génie naturel».

Au nom de l’opposition qu’il a représenté en tant que co-président des travaux de ce Dialogue, Pierre-Claver Maganga Moussavou a invité ceux qui vont appliquer ces décisions, prises de manière consensuelle, à le faire avec «probité et détermination» afin que le Gabon puisse passer à d’autres étapes, celles permettant son développement harmonieux face à un peuple qui attend.

«Tout dépend donc de vous monsieur le président, de votre volonté car c’est vous qui avez convoqué ce dialogue. Il dépend de vous pour que l’on n’assiste plus à un quelconque dé-tricotage des Actes que nous venons de signer devant vous et devant la postérité», a-t-il fait remarquer.

Ce rapport d’une soixantaine de pages comporte des résolutions touchants la plupart des institutions de la République, à l’instar de la présidence, de la Cour constitutionnelle, du Conseil national de la communication ou encore la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap). Le protocole d’Accords ce dialogue qui compte une trentaine de pages, reprécise tous les éléments conclus et retenus comme acquis dans le rapport général.

Il reste maintenant leur applicabilité dans les faits. En même temps, l’on attend de voir comment les conclusions de ce Dialogue politique seront appréciées par la population qui espère un retour à la confiance et à la sérénité globale dans le pays. Seront-elles capables de recoudre le tissu social si abimé par la crise postélectorale ? Le bout de tunnel est encore loin !