Au nom de son parti, Faustin Boukoubi a récemment dit avoir été satisfait des assises d’Angondjé. Le secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG) n’a pas manqué de fustiger une nouvelle fois l’absence de certains opposants à ces pourparlers, mais se dit prêt à discuter avec Casimir Oyé Mba et Guy Nzouba Ndama sur des sujets précis.

Le secrétaire général du PDG, Faustin Boukoubi, le 31 mai 2017 à Libreville. © D.R.

 

Contrairement à ce qu’en disent certains au sein des partis de l’opposition ayant refusé d’y prendre part, les assises d’Angondjé qui se sont tenues du 12 avril au 24 mai dernier ont été une «rencontre historique» née de la «clairvoyante initiative» d’Ali Bongo, pour trouver des solutions à la crise issue de l’élection présidentielle  d’août 2016. Faustin Boukoubi, l’a assuré lors de sa dernière sortie à Libreville, cette rencontre a été féconde, et a permis de confirmer la marche du Gabon vers le renforcement de la démocratie. «La cinquantaine de partis politiques (qui y ont pris part), ont abouti à des consensus forts et ont œuvré pour le bien commun», s’est réjoui le secrétaire général du PDG. Au sein du parti d’Ali Bongo, l’on soutient que les différents consensus obtenus entre l’opposition et la majorité lors des discussions «contribuent (déjà et) sans aucun doute à l’amélioration de la configuration et le fonctionnement de nos institutions, à l’amélioration des modalités liées à la transparence électorale tant décriée au Gabon, à la modernisation de la vie publique, nouvel impératif pour le développement de notre pays et au renforcement des fondations inhérentes à la cohésion et à l’unité nationale du Gabon».

N’empêche, Faustin Boukoubi et les siens ont encore en travers de la gorge le refus opposé par certains leaders de «l’opposition systématique» à ce dialogue. Mais surtout, ils disent mal comprendre que ces derniers, tout en reconnaissant la légalité d’Ali Bongo, refusent de reconnaître la légitimité des participants des assises d’Angondjé. Pour le numéro 2 du PDG, «il s’agit là, ni plus ni moins, d’un manque criard d’arguments contre la pertinence et la fertilité des actes auxquels (ils sont) parvenus». Mieux, au PDG, l’on tient à rappeler qu’une grande partie des opposants ayant participé au dialogue était constituée d’anciens candidats à l’élection présidentielle d’août 2016, «de surcroit, du directeur de campagne de celui qui prétend avoir emporté (cette) élection». Allusion faite à René Ndemezo’o Obiang, vice-président du comité d’organisation des assises.

Sur les récentes propositions faites par Casimir Oyé Mba et Guy Nzouba Ndama, relatives à l’organisation d’une discussion avec le président de la République, après le Dialogue national pour l’alternance de Jean Ping (en décembre 2016) et le dialogue politique national qui vient de s’achever, le PDG a dit prendre acte. «Cette attitude est républicaine et patriotique car, elle permet de sortir des postures tranchées, stériles. Elle écarte la posture des va-t-en-guerre et priorise plutôt le refus de la violence et de l’antipatriotisme comme le prônent encore certains, devenus fort heureusement minoritaires», a commenté Faustin Boukoubi, dont le parti «est favorable à des discussions susceptibles de contribuer à la mise en œuvre consensuelle des actes du dialogue politique, notamment les aspects nécessitant encore un approfondissement de la réflexion». Il s’agirait, a-t-il évoqué, d’échanger, par exemple, sur «les modalités de mise en place du Centre gabonais des élections, du statut de l’opposition ou du calendrier électoral».