Les deux principaux représentants de l’opposition aux assises d’Angondjé ne parviendraient pas à s’accorder sur la limitation des mandats du président de la République.

Des membres de l’opposition au dialogue national. © D.R.

 

Tous les deux, en acceptant de prendre part au dialogue politique initié par Ali Bongo, visaient un but commun : le renforcement de la démocratie au Gabon. Et parmi les principaux changements attendus par Pierre-Claver Maganga Moussavou et René Ndemezo’o Obiang, la limitation du nombre de mandats du président de la République et la place occupée par ce dernier au Conseil supérieur de la magistrature figuraient en bonne place. Sauf que ces derniers jours, les points de vue des deux co-présidents des assises d’Angondjé représentant l’opposition auraient changé.

A en croire le quotidien L’Union du 17 mai, qui cite des «indiscrétions» et «des sources concordantes», le président du Parti social démocrate (PSD) n’aurait pas dévié de son objectif d’inscrire dans les propositions du dialogue la limitation des mandats présidentiels. Pour lui, il s’agit de «s’appuyer sur la volonté des populations». Le leader de Démocratie nouvelle (DN), lui, aurait changé d’avis sur la question. Il estimerait désormais que la limitation des mandats n’est plus si importante. Mieux son «camp» prévoirait de ne pas valider la proposition de Pierre-Claver Maganga Moussavou et les siens. Du côté des partisans du statu quo, on estime donc que le modèle actuel «n’entrave en rien le bon fonctionnement d’un Etat».

Entre le «camp» de Pierre-Claver Maganga Moussavou et celui de René Ndemezo’o Obiang le courant ne passerait plus sur bien d’autres questions. L’on cite pêle-mêle, l’élection du président de la Cour constitutionnelle et la présidence du Conseil supérieur de la magistrature. L’avis du président de la République prime sur ces deux institutions.

Si, comme le président du PSD, certains estiment que ça doit changer et préconisent de laisser toute la responsabilité aux magistrats, d’autres, à l’instar de René Ndemezo’o Obiang, pencheraient plutôt pour la continuité du système actuel. Gageons que les facilitateurs du dialogue seront mis à contribution pour les mettre d’accord. Comme quoi, la majorité n’a définitivement pas à s’en faire. L’opposition se charge de sa propre fragilisation.