Mis en place le 27 octobre 2017 et réuni en séance plénière une seule fois dans un hôtel de la Libreville, le comité de suivi et évaluation des actes du dialogue politique, est inactif depuis bientôt six mois. À quoi sert-il, s’il ne peut fonctionner comme l’exigent les conclusions des discussions d’Angondjé ?

Quelques-uns des 42 membres du comité de suivi et évaluation des actes du dialogues et les facilitateurs nationaux. © Gabonreview

 

Composé de 42 membres et de 5 facilitateurs, le comité de suivi et évaluation des actes du Dialogue placé sous l’autorité du président de la République pour un mandat de deux ans, clôturera le 27 mai prochain son premier semestre d’activité… sans n’avoir rien réalisé. Dépourvu de budget de fonctionnement, de siège social et certainement de matière à traiter, cette structure née des accords du Dialogue d’Angondjé, risque de ne jamais remplir les missions qui lui ont été dévolues.

En effet, le Comité de suivi est chargé d’élaguer les questions restées en suspens lors du Dialogue politique convoqué par Ali Bongo au lendemain de sa réélection controversée et toujours contestée à la tête du Gabon ; vérifier la conformité des textes législatifs pris par le gouvernement avec l’esprit des consensus issus des actes du Dialogue politique.

Révision du fichier électoral, redécoupage des circonscriptions électorales, mise en place du Centre gabonais des élections, financement des partis politiques et financement des campagnes électorales… sont autant de questions censées être discutées au préalable et validées par le Comité de suivi avant toute adoption par le Conseil des ministres. Cependant plusieurs d’entre elles ont simplement pris la voie des ordonnances pour terminer par des ratifications au sein de l’Assemblée nationale récemment dissoute.

Entre non-respect des actes du protocole d’accord d’Angondjé et indifférence du président Ali Bongo, la posture d’inaction du comité de suivi et évaluation des actes du dialogue, à l’exception des membres de l’opposition qui y siègent, ne semble agacer personne d’autre, pas même, les représentants de la société civile encore moins les cinq facilitateurs.

Pourquoi empêcher le comité de suivi de fonctionner jusqu’à présent ? Pourquoi le garder s’il ne sert à rien ? Et si au final cet instrument n’était qu’une caution politique au processus d’apaisement du climat politique ?