A l’occasion de la présentation officielle de leur nouveau mouvement, le Fujo, les jeunes de l’opposition ont dit leur inquiétude de voir échouer le futur dialogue politique, en raison de la non prise en compte de toutes les composantes de la population gabonaise.

Les leaders du Fujo, le 19 février 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Prévu pour se tenir dans les prochaines semaines, le dialogue politique appelé par Ali Bongo «court le risque d’être un non-événement, sinon un non-lieu», ont prévenu les jeunes leaders de l’opposition, le dimanche 19 février, à l’occasion de la présentation officielle de leur mouvement, le Front uni des jeunes de l’opposition (Fujo). La raison évoquée par cette plateforme, dont la plupart des membres ont soutenu Jean Ping à la dernière présidentielle est la non prise en compte par les autorités de toutes les sensibilités politiques et sociales du pays, mais surtout la mise à l’écart des jeunes. Or, «[les jeunes sont] les principales victimes de la situation actuelle du Gabon», a rappelé Amis, connu sous l’appellation du colonel de la Voix du mapane, affirmant ne pas «accepter cette mise à l’écart dans l’édification du nouveau Gabon».

Moments de la présentation du Fujo, avec Isaac Abagha (en haut). © Gabonreview

Si, à l’instar des jeunes leaders Nicolas Ondo, Isaac Abagha, Marcel Biko, le promoteur du concept «Jean Ping c’est dosé» Pacceli Bikoro a invité les jeunes gabonais à prendre en main leur propre destin, c’est parce qu’il a dit avoir des doutes sur les attentes des «vieux barrons» politiques devant participer à ce dialogue. Des «vieux» qui, pour la plupart ont pris part à la conférence nationale de 1990, aux Accords de Paris de 1994 et aux Accord d’Arambo en 2006.

«Les mêmes visages qui hier, sous Omar Bongo, ont de 1990 à 2006 paraphé les accords politiques qu’il y a eu entre l’opposition et le pouvoir, ou travaillé dans les commissions ad-hoc des différents dialogues, et qui ont perçu ici et là des primes et obtenu des nominations politiques diverses, sont encore les mêmes qui pilotent en sous-main le dialogue de 2017 comme si ce pays était à eux seuls et que les jeunes étaient à leurs yeux immatures et utiles seulement pour faire le nombre ou servir de chair à canon, pour en tirer profit pour leur propre ascension ou remontée politique. Nous disons ‘‘non’’, et refusons que cela puisse continuer ainsi», ont décrié les jeunes de l’opposition. Ils rappellent qu’au terme des précédentes concertations, les Gabonais n’avaient ressenti «aucune amélioration ni du système politico-électoral ni de leurs conditions de vie».

Au Fujo, on estime que «le dialogue concerne le peuple réel, la vraie jeunesse gabonaise, et non celle que l’on fabrique en quelques jours pour être présentée comme des produits de marketing au dialogue national, tout juste pour légitimer des pensées produites ailleurs sans les jeunes gabonais et donc loin de leurs vraies attentes».