Le Bloc démocratique des patriotes (BDP) attend impatiemment la démission du gouvernement actuel et la nomination du premier gouvernement post dialogue politique, qui devra appliquer les conclusions des assises politiques d’Angondjé.

Le président du Bloc démocratique des patriotes, Heinz Essongue et ses collaborateurs. © Gabonreview

 

À la faveur d’un point presse organisé le 24 juin, au siège du parti, le président du Bloc démocratique des patriotes, Heinz Essongue, a dressé un bref bilan des pourparlers d’Angondjé auxquels, lui et sa formation politique ont pris part.

«Les débats qui ont été d’une excellente posture ont permis aux commissaires de traiter des problèmes de fond qui minent la société gabonaise. De par la perspicacité du thème central retenu, à l’intitulé que constituent les quatre commissions très évocatrices, aucun aspect n’a été soumis avec légèreté», a affirmé Heinz Essongue.

Heinz Essongue. © Gabonreview

Un dialogue dont les conclusions, selon le BDP, sont de nature à décrisper le climat socio-politique délétère, secrété par la crise postélectorale. Mais il faut faire vite car, plus on retarde l’exécution des conclusions des travaux d’Angondjé, plus on s’éloigne de l’effet « électrochoc »recherché par ce dialogue.

Pour aller dans cette direction, le président du BDP a appelé à la nomination de la nouvelle équipe gouvernement, afin de favoriser la mise en place de la commission chargée d’appliquer les résolutions issues du dialogue national. Cette entité devra œuvrer pour l’amélioration de la configuration et le fonctionnement des institutions, l’amélioration des modalités liées à la transparence électorale tant décriée au Gabon, la modernisation de la vie publique, le renforcement des fondations inhérentes à la cohésion et à l’unité nationale.

«Nous n’avons aucune lisibilité, et la seule lisibilité que nous savions que nous pourrions accepter et que tout le monde attend, c’est d’abord la démission de l’actuel gouvernement et la mise en place d’un nouveau gouvernement. Une nouvelle équipe qui devra mettre sur pied une commission qui devra appliquer les actes du dialogue à partir de ce moment, nous pouvons dire qu’Ali Bongo a été fidèle et sincère face à sa parole, à sa demande et aux politiques», a indiqué le président du BDP.

Et pour que l’«’échec» de la gouvernance du premier septennat d’Ali Bongo ne se reproduise plus, le président du BDP invite le chef de l’Etat à miser sur la qualité des hommes qui doivent conduire la future équipe gouvernementale. Pour Heinz Essongue, le sérieux et la crédibilité dont ont fait montre les participants au dialogue «doivent impacter les populations par le choix des hommes en charge de la conduite de la chose publique».

«Le premier septennat d’Ali Bongo n’a été qu’un échec. La preuve, nous avons eu une crise post-électorale, jamais connue dans ce pays, même pas lors du temps d’Omar Bongo qui a passé 42 ans au pouvoir. Cela voudrait dire que ce sont les différentes équipes qui ont composé les gouvernements d’Ali Bongo durant ces 7 ans qui n’étaient pas des personnes qui répondaient à l’attente des populations gabonaises», a souligné Heinz Essongue, estimant que aujourd’hui le président de la République doit, dans une certaine mesure, écouter et respecter l’avis du peuple.

«Le peuple voudrait aujourd’hui que la classe politique soit complètement refaite, revue, avec des personnes qui répondent aux aspirations des Gabonais, des personnes qui pensent Gabon d’abord, moins égocentriques, moins égoïstes», a-t-il conclu.