Convaincu de ce que la discussion appelée par des soutiens de Jean Ping ne permettra pas de décrisper le climat politique actuel, le secrétaire exécutif du parti des Souverainistes-écologistes voit dans tout dialogue avec Ali Bongo un échec d’avance, à l’image, selon lui, de ce qu’a été le dialogue d’Angondjé, «une imposture, une escroquerie».

Le secrétaire exécutif du parti des Souverainistes-écologistes, Michel Ongoundou Loundah. © D.R.

 

«Imposture», «escroquerie», «ridicule et très onéreuse mascarade», «bouffonnerie sans lendemain», «gaminerie», Michel Ongoundou Loundah ne manque pas de compliments pour le dialogue politique national qui vient de se tenir au stade d’Angondjé, à laquelle son parti a décidé de ne pas prendre part. Dans une interview à l’hebdomadaire L’Aube, mardi 6 juin, le secrétaire exécutif du parti des Souverainistes-écologistes (proche de Jean Ping), rejette les conclusions d’une «grand-messe» n’ayant «rien (eu) de national». Pour le souverainiste-écologiste, il s’est, en réalité, agi d’un «monologue totalement ubuesque que le voleur de l’élection présidentielle d’août 2016 a organisé pour, entre autres, obtenir par la négociation et la corruption, une légitimité qu’il n’a pas eue par le vote».

Plus d’une semaine après la clôture des assises d’Angondjé et huit mois après la dernière présidentielle, Michel Ongoundou Loundah s’est dit «optimiste». Il croit notamment qu’Ali Bongo n’arrivera pas «à se soustraire de l’obligation d’une vraie concertation nationale». «Il se trompe complètement car, les Gabonais finiront par se parler pour décider ensemble de l’avenir de leur pays. C’est une nécessité, mieux, un impératif», a estimé le secrétaire exécutif du parti des Souverainistes-écologistes, regrettant que la tenue de ces assises ait été financée par l’argent public.

Cependant, si les souverainistes-écologistes disent croire en un autre dialogue entre Gabonais de bords politiques différents, ils ne s’inscrivent pas dans la même logique que Guy Nzouba Ndama et Casimir Oyé Mba. «Avec Ali Bongo, aucune discussion sérieuse n’est envisageable car, dans son esprit, c’est l’allégeance ou rien du tout, ça passe ou ça casse. Un tel mode de fonctionnement binaire n’autorise donc aucun espoir de dialogue», a mis en garde Michel Ongoundou Loundah, avant de s’interroger, rappelant qu’en janvier 2011, le vice-président de l’Union nationale (UN) avait déjà invité, sans suite, Ali Bongo au dialogue : «Comment Casimir Oyé Mba a-t-il pu, un seul instant, imaginer qu’il soit possible d’avoir un «dialogue adulte» avec quelqu’un qui est tout sauf «adulte». De toutes les façons, Jean Ping, le président élu, a clos le débat dans sa dernière déclaration.»

Pour le secrétaire exécutif du parti des Souverainistes-écologistes, «si messieurs Nzouba Ndama et Oyé Mba veulent véritablement faire œuvre utile, alors qu’ils trouvent le moyen de convaincre Ali Bongo de transmettre le pouvoir à celui qui a remporté l’élection présidentielle».