Attendue depuis des mois, la commission chargée du suivi et de l’évaluation des actes des assises d’Angondjé a été mise en place lors du Conseil des ministres du 27 octobre. Celle-ci est composée de 44 membres au total.

Eric Dodo Bounguendza (à gauche) et Mathieu Mboumba Nziengui piloteront la commission ad-hoc paritaire. © D.R.

 

Annoncée en fin juillet dernier, soit plus d’un mois après la clôture du dialogue politique d’Angondjé, ce n’est que vendredi 27 octobre que le Conseil des ministres a officiellement adopté le projet de décret portant mise en place de la commission ad-hoc chargé du suivi et de l’évaluation des actes de ces assises. Au sein de l’opposition et même dans la majorité, beaucoup n’y croyaient plus. Quelques heures avant l’annonce de la mise en place de cette structure, Guy Christian Mavioga, leader du Bloc démocratique chrétien (BDC), par ailleurs porte-parole de la majorité, avait interpelé le gouvernement sur le sujet. Il rappelait notamment que «la mise en place du comité de suivi était une des priorités pour l’application des accords du dialogue politique national».

Préférée au «comité de suivi» initialement prévu dès l’entame du dialogue politique, la «commission ad-hoc» est paritaire (opposition, majorité). Composée de 44 membres au total, dont des co-présidents, co-vice-présidents, co-rapporteurs, co-rapporteurs adjoints et des membres représentants l’opposition, la majorité et la société civile, cette structure ne fera pas les choses à la place du gouvernement, avait déjà prévenu Francis Nkea, alors qu’il occupait le poste de ministre chargé du Dialogue politique. L’actuel ministre de la Justice avait alors précisé que «C’est (le gouvernement) qui va matérialiser les réformes». La structure mise en place, elle, «sera uniquement une commission de suivi-évaluation, donc de contrôle de ce que fera le gouvernement par rapport à la mise en œuvre des résolutions arrêtées de manière consensuelle par la classe politique nationale à Angondjé».

Et si les autorités pressentent déjà que le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des actes des assises d’Angondjé donneront lieu à d’âpres débats, elles ont joint à cette commission un «observatoire du comité de suivi». L’organe est composé de Mgr Basile Mve Engone (archevêque de Libreville), du révérend pasteur Jean jacques Ndong Ekwaghe (président de l’Eglise évangélique du Gabon), de l’imam Ismaël Oceni Ossa (président du Conseil supérieur des Affaires islamiques du Gabon) et du révérend pasteur Francis Michel Mbadinga (secrétaire général de la Confédération des églises de réveil). Sans véritablement avoir été actifs, les quatre responsables religieux avaient déjà été choisis pour être les observateurs du dialogue politique.

Pour conduire les travaux, le choix a été porté sur Eric Dodo Bounguendza (majorité) et Mathieu Mboumba Nziengui (opposition).