A la faveur d’une sortie, le 3 juillet dernier à Libreville, le président d’Ensemble pour le Gabon (EPR) a donné son point de vue sur les conditions de la mise en œuvre des «Actes» du dialogue politique.

Le président d’EPR lors de sa conférence de presse, le 3 juillet 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

La mise en œuvre des «Actes» du dernier dialogue politique était au cœur d’une sortie du président d’Ensemble pour le Gabon (EPR), le 3 juillet à Libreville. «Sans revenir sur l’impact des actes de ce dialogue que je juge positif, je voudrai juste donner mon point de vue sur les conditions de leur mise en œuvre», a déclaré Dieudonné Minlama.

Au terme des assises d’Angondjé, en effet, il a été décidé de mettre en place des organes chargés de la mise en œuvre des actes de cette concertation politique nationale. Essentiellement un gouvernement d’ouverture et un comité de suivi.

Dieudonné Minlama. © Gabonreview

Concernant ainsi le gouvernement d’ouverture, dans lequel devrait figurer les différentes forces politiques ayant pris part au dialogue, Dieudonné Minlama a épousé l’idée selon laquelle «l’on doit laisser le temps au président de la République de le composer dans un esprit de sérénité».

En effet, le président du dernier né des partis politiques au Gabon est d’avis qu’en dehors des Actes du dialogue, «ce gouvernement devra aussi mettre en œuvre les mesures de relance économique négociées avec le FMI et aussi trouver les solutions à la crise sociale qui continue à secouer notre pays».

Tout comme ce gouvernement, de par sa composition devra rassurer la communauté nationale et internationale sur sa capacité à atteindre les objectifs visés. «A cet effet, au- delà des calculs politiciens, je pense que le soutien ou la participation au dialogue, le devoir d’exemplarité, l’éthique, l’intégrité et l’efficacité devraient être les bases sur lesquelles le président devra s’appuyer pour bâtir cette nouvelle équipe», a estimé Dieudonné Minlama.

S’agissant ensuite du comité de suivi, Dieudonné Minlama a souligné que sa composition n’a pas été révélée. Qu’à cela ne tienne, il a suggéré que toutes les forces vives ayant pris part au dialogue y soient représentées. A savoir l’opposition, la majorité, la société civile et la facilitation (10 membres de l’opposition, 10 de la majorité, six de la société civile et quatre facilitateurs).

Toutefois, a regretté le président de l’EPR : «Il y a aussi un troisième acteur important qui n’a malheureusement pas retenu notre attention au cours des travaux du dialogue : l’Assemblée nationale !». En effet, a-t-il estimé : «Une grande partie des actes du dialogue devra être transformée en lois ou intégrée dans la Constitution, cela suppose éventuellement l’implication du parlement. Or, comme vous le savez tous, le mandat des députés actuels est expiré».

En effet, les députés doivent leur présence à l’Assemblée nationale à une ordonnance de la Cour Constitutionnelle prenant fin le 31 juillet. «Ne pouvant plus organiser les élections dans les conditions actuelles, je demande à toutes les forces politiques ayant pris part au dialogue de saisir collectivement la Cour Constitutionnelle pour demander un nouveau report des élections législatives, avec pour corollaire une nouvelle prorogation du mandat des députés actuels», a suggéré Dieudonné Minlama.