Parmi les grandes résolutions issues du Dialogue politique, organisé du 12 avril au 26 mai 2017 à Angondjé, figure notamment la disparition de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap) au profit du Centre gabonais des élections (CGE).

Des participants posant pour la postérité après les travaux en commission au Dialogue politique à Angondjé, du 12 avril au 26 mai 2017. © Gabonreview

 

L’avenir de la Cenap, comme celui de la présidence de la République ainsi que celui de la Cour constitutionnelle était particulièrement attendu au terme des travaux du Dialogue politique.

Concernant la Cenap, la réflexion a été menée au sein de la Commission 2 axée sur les Réformes électorales. Les panélistes devaient plancher au point 3 sur la «Redéfinition du rôle et des missions des instances en charges de l’organisation des élections politiques (Ministère de l’Intérieur, Cenap, Cour constitutionnelle)». Si la Commission a proposé de maintenir le ministère de l’Intérieur dans ses prérogatives en matière de préparation des opérations électorales : l’enrôlement des électeurs, l’établissement de la liste électorale, la commande et le convoyage du matériel électoral, elle lui retire cependant l’annonce des résultats électoraux et la proposition de la liste d’aptitude des présidents des bureaux de vote. La Cenap quant à elle est rebaptisée Centre gabonais des élections (CGE).

Le CGE est une structure administrative, autonome et permanente. Il a un mandat d’une durée de deux (2) ans, renouvelable une (1) fois. Il devrait administrer, gérer toutes les élections politiques dans le pays et annoncer les résultats des élections politiques. Une mission dévolue, par le passé, au ministère de l’Intérieur. Il se compose à parité des représentants désignés des partis politiques ou groupements des partis politiques légalement reconnus. Par ailleurs, le choix du président qui se fera desormais par appel à candidature.

En effet, les commissaires ont décidé que «le président du CGE est élu par un collège spécial constitué, pour la circonstance, à parité des représentants désignés des partis politiques ou groupements des partis politiques légalement reconnus de la majorité et de l’opposition, sur la base d’une liste établie après appel à candidature». Les autres membres du bureau seront désignés en tenant compte de la parité majorité-opposition. En période électorale, ce bureau sera assisté par une assemblée plénière composée à parité uniquement des représentants désignés des partis politiques ou groupements des partis politiques légalement reconnus de la majorité et de l’opposition, présentant un ou plusieurs candidats à l’élection politique concernée.

Le CGE va s’étendre dans les provinces, les départements, les communes etc. avec des représentants dûment désignés par les membres du bureau, toujours à parité. «Délibéré de la sorte, on a l’impression que c’est très bien fait, qu’il n’y aura plus de corruption et que les choses se feront de manière plus démocratique», a déclaré un participant à ce dialogue. «Il faut attendre, il faut voir le CGE à l’œuvre avant de crier victoire. Si non tout ça ne sera que du verbiage», a-t-il ajouté.

Dans cette commission 2, l’on a également examiné le cas du financement de l’élection présidentielle. La caution a été maintenue à 20 millions de francs CFA. Pour ce qui est de la campagne à l’élection présidentielle, la majorité a choisi le maintien du statu quo alors que l’opposition voulait qu’elle soit financée. Le consensus n’étant pas trouvé sur ce point, le Bureau du Dialogue a proposé que la réflexion soit poursuivie dans le cadre du Comité de suivi des Actes.