Sur la question de l’importance du Conseil national de la démocratie (CND), opposants et représentants de la majorité au sein de la commission 1 n’arrivent pas à s’accorder, au point que les premiers auraient décidé de quitter la table des négociations face à l’intransigeance des seconds.

Comme en avril 2017 avec la commission 3, les membres de la majorité de la commission 1 seront-ils à nouveau privés d’interlocuteurs ? © D.R.

 

Les travaux, assure un membre de la commission représentant la majorité, ont repris cette fin d’après-midi. Au plus fort des débats, ils avaient brutalement été suspendus. Selon le quotidien L’Union du jeudi 18 mai, les représentants de l’opposition et ceux de la majorité n’arrivent pas à s’accorder, au point que les premiers ont décidé de quitter la table des négociations en raison de l’intransigeance des seconds. Au centre des discussions : le rôle et l’importance à accorder au CND, entre autres.

Considérée par certains comme une structure vidée de sa substance, du fait que ses suggestions et ses avis n’ont presqu’aucune incidence véritable sur la vie politique du Gabon, les représentants de l’opposition à la commission 1 souhaitent qu’elle soit érigée en institution constitutionnelle, pour un meilleur renforcement de la démocratie. Séraphin Ndaot Rembogo, le co-président de ladite commission, en appelant les siens à rompre la discussion, mercredi 17 mai, a exprimé le souhait que le CND, dont il a la charge, ait autant de force et d’importance que la Cour des comptes et le Conseil d’Etat, par exemple. «Niet !», a opposé le camp de la majorité. Une attitude que le camp de l’opposition a dit ne pas comprendre, alors que, lui, depuis le début des débats, a toujours accepté de faire des concessions sur d’autres sujets.

«Sur la question du CND, l’opposition estime qu’il s’agit d’une plateforme de rencontre et de discussion des partis politiques. Nous avons d’ailleurs fait remarquer à la majorité que, avant la tenue des assises actuelles, le CND a fait un pré-dialogue important, qui nous a permis de peaufiner nos points de vue et nos accords», a rapporté Dieudonné Minlama Mintogo, le président de la Convention nationale de l’interposition (CNI), regrettant que ce sujet ait été perçu par les membres de la majorité et certains de l’opposition sous le prisme des «intérêts particuliers». S’il n’a pas douté qu’«une entente sera vite trouvée», quitte à solliciter l’intervention des facilitateurs, Jonathan Ndoutoume Ngome, co-rapporteur de l’opposition à la commission 1, a affirmé que la question du statut du CND est loin d’être le seul point de blocage.

A une semaine de la clôture officielle du dialogue politique, prévue pour le 25 mai prochain, d’autres commissions ont clos la phase des débats et sont entrées dans celle de la finalisation du document contenant leurs différentes propositions. C’est le cas des commissions 3 et 4, traitant respectivement de la modernisation de la vie publique et de la consolidation de la paix et de la cohésion nationale. La commission 1, celle qui compte le plus de poids lourds politiques parmi lesquels Emmanuel Issoze Ngondet, Guy Rossatanga Rignault, René Ndemezo’o Obiang, Pierre-Claver Maganga Moussavou, Léon Mbou Yembi…, accuse déjà du retard.