Le dialogue politique national qu’entend organiser Ali Bongo se tiendra  après la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football. Jean Ping a réitéré son refus d’y prendre part, affirmant avoir déjà tenu son dialogue en tant que «président élu du Gabon».

Jean Ping, le 27 janvier 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

S’il a assisté le 28 janvier à la célébration du 10e anniversaire de l’Union pour la nouvelle République (UPNR), Jean Ping est loin d’être d’accord avec Louis Gaston Mayila, le président-fondateur de cette formation politique l’ayant soutenu lors de la présidentielle d’août 2016. Les deux leadeurs politiques sont notamment opposés sur la question du dialogue politique national appelé par Ali Bongo pour tenter de trouver des solutions à la crise sociopolitique née de cette élection. Si à l’occasion de l’anniversaire de son parti, le leadeur de l’UPNR s’est une nouvelle fois dit favorable à une médiation des Nations-Unies lors de ces assises, sur la matinale de BBC Afrique, le 29 janvier, l’ancien président de la commission de l’Union africaine a quant à lui réitéré son refus de prendre part à un dialogue organisé par un pouvoir qui, selon lui, emprisonne, torture et terrorise ceux avec lesquels il doit discuter.

Pour Jean Ping, «le dialogue qui est proposé, c’est une mascarade». Aussi, a-t-il affirmé qu’il ne participera «jamais» à ces discussions présentées par les autorités de Libreville comme «une plateforme de réconciliation nationale». Or, si en décembre 2016 l’opposant et ses soutiens avaient tenu à organiser leur propre dialogue, il estime que les conclusions issues de ces échanges doivent s’appliquer. D’autant que ce dialogue a vu la participation des deux camps politiques opposés. «Nous avons appelé tout le monde, y compris les gens qui sont au PDG (Parti démocratique gabonais, au pouvoir). Certains sont venus. La société civile […], les apolitiques [et] les gens qui appartiennent à tous les autres partis politiques, nous leur avons dit ‘‘soyez les bienvenus’’», s’est défendu Jean Ping.

Plus de trois mois après l’appel à la discussion lancé par Ali Bongo, Jean Ping n’en démord pas. Tout ce qu’il dit attendre des autorités gabonaises, c’est la reconnaissance de sa victoire au scrutin présidentiel du 27 août 2016. «Tout le monde sait que les élections qui se sont déroulées dans ce pays ont été gagnées par moi. Tout  le monde entier sait ça. Ceux qui sont au pouvoir le savent. Il faut commencer par reconnaître ça, et puis le reste suivra». Pour «le reste», l’opposant n’a pas caché qu’il ne dirait pas non à une intervention de la communauté internationale comme il a été le cas ces dernières semaines en Gambie.