Le député de la commune de Bitam a annoncé sa participation au dialogue politique national appelé par Ali Bongo. Une annonce qui peut étonner quand son parti, l’Union nationale, a officiellement décliné l’invitation du gouvernement à ces assises.

Patrick Eyogo Edzang, député (Union nationale) de la commune de Bitam. © D.R.

 

Nouveau coup de théâtre à l’Union nationale (UN). Son député, un des rares que ce parti de l’opposition dite «radicale» compte dans le pays, vient d’annoncer sa participation au dialogue politique national appelé par Ali Bongo. Pour Patrick Eyogo Edzang, cette décision a été inspirée par ses électeurs de la commune de Bitam. Elle n’a donc rien à avoir avec une ambition personnelle ou un prétendu calcul politique, assurent les proches du jeune élu, qui a dit avoir eu «le blanc-seing (et) l’onction» des populations de Bitam.

Seulement, pour Patrick Eyogo Edzang, sa participation au futur dialogue politique est à dissocier de sa qualité de membre de l’Union nationale. «Je ne veux pas qu’il y ait d’ambigüité par rapport à ma position ou mon positionnement. Effectivement, l’Union nationale ne va pas au dialogue, mais moi, je n’y vais pas au compte de l’Union nationale», a-t-il précisé, rejoignant ainsi ceux qui, comme Estelle Ondo et Mike Jocktane, avaient déjà décrier la décision de l’UN de ne pas participer à ces assises. Pourtant, tout en cherchant à se débarrasser de son costume de militant de l’UN, Patrick Eyogo Edzang a annoncé qu’il prendra part au futur dialogue «comme député et notamment comme président du groupe parlementaire de l’opposition».

Plus d’un an après son élection à la commune de Bitam, Patrick Eyogo Edzang n’est pas à son premier coup d’éclat du genre. Le député de l’UN, alors que les responsables de son parti étaient aux prises avec Jean Ping, qu’ils avaient accusé d’avoir torpillé le Front uni de l’opposition pour imposer sa candidature, avait été le premier, en novembre 2015, à exprimer son soutien à l’ancien président de la commission de l’Union africaine. A l’époque, on l’avait accusé de faire le jeu de l’une des personnalités politiques les plus influentes du Woleu-Ntem, en particulier de Bitam : René Ndemezo’o Obiang, alors transfuge du Parti démocratique gabonais (PDG). Au sein de l’UN, certains ne cachaient plus leur agacement devant le comportement du jeune député, qui avait toujours laissé penser qu’il avait été élu grâce à l’actuel président de Démocratie nouvelle (DN), lui aussi ancien soutien de Jean Ping, avec lequel les rapports se sont fortement détériorées après l’annonce du dialogue par Ali Bongo et la décision de Ndemezo’o Obiang d’y prendre part. Patrick Eyogo aurait-il une dette vis-à-vis du leader de DN ? Mystère.