Les coûts liés au diabète en Afrique subsaharienne pourraient doubler d’ici à 2030 pour atteindre 59 milliards de dollars, du fait de l’explosion de cette maladie sur le continent, prévoit un rapport publié le 6 juillet 2017, par la revue médicale britannique The Lancet Diabetes&Endocrinology.

Le coût du diabète augmentera pour atteindre entre 35,33 milliards de dollars (1,1% du PIB) et 59,32 milliards de dollars (1,8% du PIB) d’ici à 2030. © D.R.

 

Après des décennies de concentration sur les maladies infectieuses telles que le VIH, la tuberculose et le paludisme, les systèmes de santé africains devront s’apprêter à faire face au fardeau croissant du diabète.

La prévalence de cette maladie, dans certains pays en 2015, a atteint près de 22% de la population adulte et jusqu’à 30% chez les hommes et les femmes âgés de 55 à 65 ans. Cette situation sanitaire a coûté pour les traitements et les hospitalisations 19,5 milliards de dollars (environ 17 milliards d’euros), soit 1,2% du produit intérieur brut de la région, a relevé le rapport publié par la revue médicale britannique The Lancet Diabetes&Endocrinology.

Le changement des habitudes alimentaires, l’urbanisation et l’augmentation de l’espérance de vie en Afrique seraient les causes de cette hausse vertigineuse du nombre de cas, ces dernières années. Selon les conclusions des 70 cliniciens, experts en santé publique et systèmes de santé, économistes et spécialistes des sciences sociales, si rien n’est fait pour résoudre le problème en Afrique, le coût global du diabète dans la région pourrait presque tripler jusqu’à plus de 59 milliards de dollars d’ici 2030, soit 1,8% du produit intérieur brut de la région. Les coûts résulteraient de la perte de productivité du travail, des décès prématurés, des congés de maladie et d’une diminution de la productivité au travail en raison d’une mauvaise santé.

«Nous estimons que ce coût augmentera pour atteindre entre 35,33 milliards de dollars (1,1% du PIB) et 59,32 milliards de dollars (1,8% du PIB) d’ici à 2030», prévoit ce rapport élaboré pendant trois ans auprès de plus de 39 000 personnes de 12 pays de la région d’Afrique subsaharienne. «Seule la moitié des diabétiques d’Afrique subsaharienne connaissent leur état, avec un diagnostic souvent tardif, et seulement 11% reçoivent un traitement approprié», ajoute le rapport.

Selon l’OMS, le diabète a été la cause directe de 1,5 million de décès en 2012.  Aujourd’hui, seulement la moitié des personnes touchées par le diabète est diagnostiquée et parmi elle, seules 1 sur 10 reçoivent un traitement.