En vue d’assurer un meilleur encadrement religieux des musulmans en période de Ramadan, devant débuter le 18 mai, le royaume chérifien a dépêché, depuis le 14 mai, une délégation de 400 prédicateurs et psalmodieurs dans le monde. Deux d’entre eux sont destinés au Gabon.

L’intérêt du Gabon pour les autorités spirituelles marocaines pourrait tenir de l’amitié entre Mohammed VI, souverain chérifien, et Ali Bongo, président gabonais. Ici, prière à la mosquée Hassan II de Libreville. © Map News

 

Grande croisade de prédication que celle que vient d’entamer le Maroc pour l’imminente période de Ramadan. En effet, selon une information de le journal 2M.ma, le Royaume chérifien vient de déployer 400 prédicateurs et psalmodieurs à travers le monde.

Désignés par le Conseil supérieur des oulémas (autorités religieuses), sur proposition des Conseils locaux des oulémas, 163 d’entre eux se rendront en France, 60 en Suède, 54 en Italie, 50 en Espagne, 43 en Belgique, 25 en Allemagne, 24 aux Pays-Bas, 21 au Canada, 9 au Danemark et 2 au Gabon. Leur mission est de «préserver et protéger les mosquées marocaines de l’extrémisme et du fondamentalisme et d’assurer un meilleur encadrement religieux des Marocains résidant à l’étranger (MRE), conformément aux constantes religieuses du royaume», assurent les autorités marocaines. Le Gabon étant un pays laïque n’ayant jamais enregistré «de l’extrémisme et du fondamentalisme», son intérêt pour les autorités spirituelles marocaines tiendrait sans doute de l’amitié entre Mohammed VI, souverain chérifien, et Ali Bongo, président gabonais.

Si la Constitution du Gabon consacre la séparation de l’Etat et des religions tout en reconnaissant toutes les croyances, sous réserve du respect de l’ordre public, Ali Bongo est le Khalife général des musulmans du Gabon tandis que son père, Omar Bongo, décédé en 2009, s’était converti à l’islam en 1973. Le Conseil supérieur des affaires islamiques estime qu’environ 10% de la population sont musulmans, avec notamment de nombreux résidents étrangers dont un peu plus d’un millier et demi de Marocains, si l’on extrapole sur le chiffre de 1000 ressortissants livré par une fiche éditée, en décembre 2011, par la Direction des affaires africaines du ministère des Affaires étrangères et de la coopération du Royaume du Maroc.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga