Déterminée, la Confédération patronale gabonaise (CPG) multiplie les sorties au cours desquelles elle met la pression sur le gouvernement, qui tarde à engager la procédure d’épurement de la dette de l’Etat aux entreprises.

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Dans le prolongement de son discours poignant lors de la deuxième session annuelle du Conseil économique et social (CES), les 6 et 7 septembre à Libreville, le président de la Confédération patronale gabonaise (CPG) s’est prononcé sur la problématique de la dette intérieure. «Nous ne pouvons relancer l’économie sans apurer la dette intérieure», a confié Alain Ba Oumar.

Dans cet élan, le patron des patrons s’est lancé dans une série d’explications justifiant son point de vue partagé par l’ensemble des adhérents de la CPG. «Nous pensons que nous avons été suffisamment convaincants vis-à-vis du gouvernement et des bailleurs de fonds tant que la dette intérieure restera telle quelle», a-t-il confié.

Car, a-t-il insisté : «pour relancer l’économie, il faut retrouver de la croissance. Celle-ci non plus ne se décrète pas : elle découle de la création de richesse. Ce n’est pas le gouvernement qui crée de la richesse, c’est le secteur privé». Et le président de la CPG d’interroger : «Comment voulez-vous qu’une entreprise crée de la richesse alors que, dans le même temps, elle pense à réduire ses charges à défaut de mettre la clé sous le paillasson ?».

Par ailleurs, Alain Ba Oumar a insisté sur le fait que l’apurement de la dette intérieure est une exigence des bailleurs de fonds. «A l’heure actuelle, le Plan de relance économique (PRE) est en cours d’exécution», a-t-il. Or, a-t-il déploré : «Des décaissements ont été effectués mais le patronat, du moins la CPG, n’a rien reçu».

Déterminée à rentrer en possession de son dû, la CPG entend en toucher deux mots aux autorités, aussi bien au gouvernement qu’au chef de l’Etat. «Nous comprenons que l’Etat a des priorités, ce qui est normal (…) Notre préoccupation à nous est que la dette intérieure commence à être apurée», a réitéré Alain Ba Oumar.

Et le leader de la CPG de s’insurger contre les promesses non tenues par le gouvernement. Arrêtée à 100 milliards de francs CFA au 31 décembre 2014, la dette de l’Etat était censée être apurée sur cinq ans à partir de 2017, conformément à un protocole d’accord signé le 25 octobre 2016 à Libreville, entre le gouvernement et le bureau sortant de la CPG. Un accord dont le ministère du Budget, semble-t-il, n’aurait pas connaissance.

«Nous déplorons le fait que lorsque nous demandons au ministère du Budget où en est le dossier, notre interlocuteur dit ne pas savoir de quoi nous parlons», a souligné Alain Ba Oumar. Un bel exemple de confiance.