Alors que la médiation comme moyen de sortie de crise est actuellement en vogue, le président de l’Union du peuple gabonais a saisi cette opportunité pour suggérer l’idée de l’Agenda de son parti de recourir à une médiation sous mandat Onusien. Il envisage mener des rencontres auprès des partis et acteurs politiques de camps opposés et de la société civile pour vendre ce projet «salvateur».

Moukagni-Iwangou veut convaincre la classe politique à adhérer à l’idée d’une médiation sous les auspices de l’ONU. © D.R.

 

Le président de l’Union du peuple gabonais (UPG) a proposé le mercredi 2 août à Libreville, ses bons offices aux partis et personnalités politiques de tous bords, ainsi qu’à de la société civile.

Moukagni-Iwangou envisage de discuter avec eux, de la pertinence d’entreprendre une médiation sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies. Il estime que les signaux d’une escalade à venir dans la crise politique actuelle imposent l’urgence d’agir.

«En me félicitant du retour en grâce de la médiation dans l’opinion, j’ai décidé de reprendre de l’initiative, sans restriction d’aucune limite, en direction de l’ensemble des partis et personnalités politiques de l’opposition, de la majorité et de la société civile qui voudront bien me recevoir», a-t-il suggéré.

Jean De Dieu Moukagni-Iwangou espère une adhésion de tous pour obtenir, sous la coupe de l’Onu, la mise en place d’un groupe de contact ou une médiation de haut niveau «pour aider notre pays à sortir de l’ornière, dans le respect de la volonté du Peuple, et dans le but de restaurer la concorde civile». Et il n’attend pas atrophier ses ambitions, en dépit des critiques sévères qu’il juge erronées à son encontre.

Conscient de ce que l’œuvre de médiation est un art difficile, le président de l’UPG veut l’approche inclusive. Il associe donc à ce schéma tous les acteurs, sans rien enlever aux mérites des personnalités impliquées au premier chef : Jean Ping et Ali Bongo. Au regard de ses états de service dans la construction de l’architecture juridique du pays, notamment dans l’introduction des modes alternatifs des règlements de conflits, d’où est tirée la médiation, il s’estime qualifié pour «témoigner des réserves opposées pendant les travaux préparatoires et dans le processus des navettes administratives et législatives, quant à l’admission de ce droit Batard dessaisissant les juges dans le règlement des litiges, qui est leur domaine de confort», a-t-il relevé.

Moukagi-Iwangou qui tire ses propositions de l’Agenda de sortie de crise concocté par l’UPG, a préalablement refait le film de la crise postélectorale, avant de justifier l’opportunité de recourir aux modes alternatifs de règlement de conflits. Alors que les tensions enflent, et que la crise est installée, l’escalade, pense-t-il, est à craindre.

Auteur : Alain Mouanda