Du Roi Pelé à Michel Platini, en passant par les chefs d’Etat ou encore la star américaine Akon, il y aura du «lourd» au Stade de l’Amitié à l’occasion de la finale de la 28e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Des invitations à mettre à l’actif du président Ali Bongo, mais dont le coût «potentiellement» élevé devrait faire grand bruit.

Coupe d’Afrique des nations (CAN) oblige, le président gabonais a sorti l’artillerie lourde pour clore la compétition en beauté. En effet, la finale de 28e édition de la CAN se jouera le 12 février à Libreville.

A cette occasion justement, des éminentes personnalités du football mondial ont été invitées par Ali Bongo pour honorer de leur présence la finale entre le Côte d’Ivoire et la Zambie. En tête de ces illustres invités, Edson Arantes do Nascimento dit «Pelé». Le triple champion du monde est arrivé le 7 février à Libreville.

Une légende en appelant une autre, le Français Zinedine Zidane est annoncé par la rumeur, mais non confirmé officiellement, tandis que Michel Platini a atterri à Libreville à la suite de la légende brésilienne. Et ce n’est pas tout, puisque le président de la Fédération internationale de football (Fifa), Sepp Blatter, est lui aussi de la partie.

En dehors de ces icônes du ballon rond, pas moins de 24 chefs d’État devraient être présents au stade de l’Amitié le 12 février prochain. Et pour couronner le tout, la star américaine Akon se produira également dans la capitale gabonaise pour que la fête soit totale. C’est dire les moyens déployés par le président gabonais pour que la clôture de l’événement soit de taille. Ali Bongo n’avait-il pas en effet promis une «surprise» lors de la finale ?

Mais plus que la présence de ces personnalités au Gabon, c’est le montant des cachets que percevra chacune d’elle au moment de quitter le pays, qui alimentent déjà les débats à Libreville. A cela, s’ajoute le fait que les «invités» ne dépenseront pas un centime, ni pour leur hébergement, ni pour leur nourriture, encore moins pour leur déplacement.

«C’est bien beau de faire venir tout ce beau monde. C’est bon pour l’image du pays à l’extérieur. Mais quel est le prix à payer ? Combien de millions, voire milliards de francs CFA, seront décaissés pour ces gens ? Qu’on ne nous dise pas qu’ils repartiront les poches vides, car partout ailleurs, il y a toujours des per diem en guise de remerciement», analyse Alix Nzambi, jeune fonctionnaire gabonais.

«Il y a toujours de l’argent pour les grandes cérémonies. Mais lorsqu’il s’agit des revendications des populations, les choses trainent en longueur, l’effet n’est pas immédiat. Ce n’est pas mauvais en soi d’inviter de telles personnalités, bien au contraire. Mais dans un pays où les populations peinent à se nourrir et à se loger notamment, cette initiative pourtant louable du président Ali Bongo, sonne un peu comme du mépris pour tous ces Gabonais qui ont du mal à joindre les deux bouts. C’est rageant !», fustige Nanda Éléonore, une retraité de l’Éducation nationale.

Ali Bongo a parfaitement réussi son coup en mettant les bouchées doubles pour la finale de la 28e édition de la CAN co-organisée par le Gabon et la Guinée Équatoriale. La fête sera certainement belle, d’autant plus qu’elle sera rehaussée par la présence d’illustres personnalités. Mais à quel coût ?

Pour l’heure, les populations attendent impatiemment de connaître le vainqueur de la finale de la compétition. Mais au lendemain de la clôture de cet événement majeur, il ne sera pas surprenant de voir des voix s’élever pour demander des comptes à Ali Bongo.

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