Le meurtre de l’adjudant-chef Marcel Mayombo, il y a quatre mois dans la province de la Ngounié, serait en train de trouver son épilogue avec le placement sous mandat de dépôt de quatre militaires en service actif.

Militaires impliqués dans l'assassinat adjudant-chef Mayombo

On se souviendra que le corps mutilé de l’adjudant-chef Marcel Mayombo avait été retrouvé mutilé le 17 décembre 2011 à Nanga, une bourgade de département de la Ndola, situé à environ 42 Km de Mouila. Le militaire figurait dans les effectifs d’encadrement des nouvelles recrues. En compagnie de plusieurs centaines de ses frères d’arme, il s’était rendu dans cette localité pour accomplir cette mission de formation. Il n’en est jamais revenu. Une chose avait surpris tout le monde : le chef de mission n’avait même pas remarqué son absence, ni au camp, ni auprès de sa famille.

C’est d’ailleurs l’épouse de ce dernier qui poussera le cri d’alarme et alertera l’opinion, et notamment la hiérarchie de la 6è Région militaire. Ce qui a abouti à la mise sur pied d’une mission de recherche qui découvrit un corps mutilé sur lequel il manquait les deux bouts des seins, deux dents, les lèvres et le pénis.

Le crime a fait un tollé à Mouila. Les proches de la victime exigeant que la lumière soit faite sur les circonstances de ce décès, ainsi que sur les auteurs de l’acte odieux. La tension était alors montée d’un cran dans la ville et on indique qu’il a fallu de longs pourparlers avec la famille et les autorités militaires et administratives de la localité pour apaiser les esprits.

Le quotidien L’union révèle d’ailleurs, ce lundi 26 mars 2012, que « les approches divergentes sur ce meurtre entre la famille et la hiérarchie militaire n’ont d’ailleurs pas permis d’inhumer dans le recueillement et le calme le défunt ».  Ce qui implique que la dépouille du militaire n’a finalement été portée en terre qu’au milieu de la nuit sous les lumières des feux des véhicules et des lampes-torches. Alors que le même jour, les proches et autres avaient organisé une marche silencieuse pour protester contre ce qu’ils qualifiaient de «règlement de compte sanglant au CI (Centre d’instruction – ndlr)».

Les autorités judiciaires de cette province viennent donc de boucler l’enquête qui a permis de mettre en cause quatre militaires tous en service à la 6è région militaire de Mouila. Les quatre prévenus sont : le lieutenant P. Moukagni, les adjudants chefs A.D. Nziengui, B. E. Ntoutoume et le sergent-chef R. Ivounda.

On se demande alors qu’elle peut être la motivation de ce crime crapuleux. Le quotidien L’union s’interroge : «dans quel intérêt un lieutenant et des sous-officiers tueraient et mutileraient-ils leur «classe» s’ils ne sont pas mandatés, en échange des espèces sonnantes et trébuchantes ou de galons ?».  On soupçonne donc qu’une grosse légume serait derrière ce crime. Raison pour laquelle l’enquête doit être menée jusqu’au bout.