Ecroué depuis le 14 juin à la prison centrale de Libreville, le chef du centre des Impôts d’Owendo est soupçonné de s’être rendu coupable d’«association de malfaiteurs, détournement de fonds publics, corruption passive» alors qu’il occupait le poste de chef adjoint du centre des Impôts de Port-Gentil. Ses soutiens assurent qu’il est victime d’une machination de la part de ses collègues.

Gabonreview.com - Prison centrale de Libreville - © D.R.

Derlin Alex Abessolo est incarcéré depuis le 14 juin 2018 à la prison centrale de Libreville. © D.R.

 

Selon ses proches, la présence de Derlin Alex Abessolo à «Sans-Famille» depuis une dizaine de jours ne s’explique pas. En plus d’être victime d’un «vice de procédure» de la part de la justice, le chef du centre des Impôts d’Owendo ferait surtout l’objet d’«accusations fallacieuses» prononcées par certains de ses collègues. Dans une lettre adressée à Gabonreview, l’un des soutiens (anonyme) du haut fonctionnaire prétend connaître cette «fausse affaire» dans ses détails. Il affirme qu’«associer le nom de Derlin Alex Abessolo à l’opération Mamba, c’est chercher des poux sur un crâne rasé». D’autant que le prévenu, incarcéré pour d’«association de malfaiteurs, détournement de fonds publics, corruption passive» n’aurait été qu’un exécutant ne disposant pas de véritable pouvoir.

«Notre sémillant inspecteur central des impôts demeure tout juste un simple chef du centre, c’est-à-dire un cadre subalterne n’ayant pas de responsabilité majeure. Il ne gère aucun budget de fonctionnement, aucun budget d’investissement, encore moins un projet structurant pouvant permettre un quelconque détournement de fonds. La réalité au sein de l’administration, c’est que ce cadre gène et dérange», écrit le proche anonyme selon lequel Derlin Alex Abessolo, depuis des années, fait l’objet de la part de ses collègues d’une machination visant à «l’écarter» de l’administration.

Sur l’affaire supposée de malversation avec une compagnie pétrolière autrichienne opérant au Gabon, rapportée par le quotidien L’Union le 18 juin dernier, l’auteur de la lettre reste vague, en évoquant des sous-traitants pétroliers. Nommé directeur provincial adjoint des Impôts de l’Ogooué-Maritime, en 2013, Derlin Alex Abessolo aurait été l’initiateur d’un audit visant à traquer les sociétés qui ne payaient ni impôts ni taxes. Selon lui, la commission (dont ne faisait pas partie le prévenu) chargée du contrôle fiscal avait conclu à l’époque que, ne pouvant être considérés comme des «établissements stables» sur un plan fiscal, ceux-ci ne pouvaient être forcés à s’acquitter des impôts et des taxes sur le territoire national.

«Si les services de renseignements voulaient les gros poissons aux Impôts, ils ont vraiment été mal orientés car dans cette administration, il y en a qui sont propriétaires de chaînes hôtelières, d’immeubles et de cités dans les quartiers huppés du pays, des sociétés, etc. D’autres directeurs actuellement en fonction dans les services opérationnels ont même été sanctionnés (mis à pied), respectivement par le directeur des Impôts et le ministre de l’Economie», écrit l’auteur de la lettre.