Considérée comme un des plus lourds postes de dépense, l’importation des denrées alimentaires inquiète les autorités gabonaises qui envisagent de mettre en place des stratégies de développement des filières d’élevage de porc, de poulet de chair et de culture du riz.

Le Gabon importe 1500 tonnes de poulet de chair et n’en produit que 4000 tonnes. © D.R.

 

Selon Biendi Maganga-Moussavou, le riz, le poulet et le porc constituent le tiers des importations au Gabon. Chaque année, le pays importe pour près de 1,5 milliard de dollars de denrées alimentaires, avait indiqué le gouvernement en mai dernier, disant déjà vouloir changer la donne. 824 milliards de francs CFA par an, c’est trop ! D’autant que le pays a lancé récemment une série de réformes visant, entre autres, à réduire le train de vie de l’Etat. Invité le 16 juillet à l’émission «Décryptage» de Radio Gabon, le ministre de l’Agriculture a dit accorder «une attention particulière» aux filières permettant de produire ces trois produits. Son département réfléchirait sur les moyens de développer les trois filières.

«Nous sommes actuellement en train de mettre en place des programmes qui devraient porter leurs fruits assez rapidement, pour pouvoir développer une filière porcine qui soit dynamique et qui agglomère l’ensemble des petits producteurs du pays. Ils travailleront avec un opérateur économique qui assure à la fois l’abattage, la conservation, la transformation et la commercialisation», a précisé Biendi Maganga-Moussavou, qui envisage d’adopter quasiment le même procédé pour la filière volaille de chair et la filière riz.

Si le ministre ne doute pas de leur rentabilité, c’est parce que, «ce sont des filières qui ont des cycles courts, donc qui permettent en un temps court de pouvoir avoir de la production». Toutefois, Biendi Maganga-Moussavou sait qu’il va falloir «convaincre des investisseurs privés ou des bailleurs de fonds».

De même, a-t-il ajouté, la mise en place de ces filières «implique également que nous adaptions notre cadre législatif et règlementaire, pour qu’il soit plus incitatif, plus attractif». Le ministre de l’Agriculture n’a pas hésité à évoquer l’adoption d’une «préférence nationale» pour les produits locaux afin d’entretenir le développement des filières visées.