Quelques jours après son entrée au gouvernement, le député de Bitam, dans le Woleu-Ntem (Nord) et ancien membre de l’Union nationale (UN) a annoncé, le 8 septembre à Libreville, son adhésion au parti de René Ndémézo’Obiang.

Patrick Eyogo expliquant son positionnement politique, le 8 octobre 2017, à Libreville. © Gabonreview

 

Patrick Eyogo Edzang a édifié l’opinion sur sa situation politique. Le 8 octobre à Libreville, le député de Bitam, dans le Woleu-Ntem, a annoncé son adhésion à Démocratie nouvelle (DN), parti de l’opposition dite modérée. Justifiant son choix, le nouveau militant de DN a estimé que le parti de René Ndémézo’Obiang incarne le mieux les valeurs qu’il a toujours défendues jusqu’ici : démocratie, patriotisme, l’attachement à la République, progrès et panafricanisme.

Jonathan Ndoutoume et les membres de DN apportant leur soutien au nouveau militant, le 8 octobre 2017, à Libreville. © Gabonreview

Dans ce sens, le ministre de l’Eau et de l’Energie, exclu de l’Union nationale (UN), est revenu sur ces valeurs qui fondent ses convictions politiques. Selon lui, chaque Gabonais mérite de mieux vivre dans son pays, «mangeant à sa faim, habitant un logement décent, se soignant convenablement, scolarisant et formant ses enfants». Aussi, a-t-il souligné : «La démocratie dans un contexte apaisé, sans heurts ni violence, est un préalable avant que ne soient satisfaites ces aspirations profondes» et par le fait que «le Gabon, valeur commune à tous reste et restera uni pour relever les défis nécessaires à son développement».

Dans son exposé, l’élu de Bitam est revenu sur l’avant-scrutin d’août 2016. S’il a été soupçonné d’être de connivence avec le candidat Jean Ping, Patrick Eyogo Edzang a clarifié cette situation. En effet, face aux incompréhensions et au problème de leadership au sein de l’opposition, à travers le débat du choix du candidat unique, ayant consulté sa base électorale, il avait finalement décidé de soutenir Jean Ping. La conséquence a été une traduction en conseil de discipline pour ce choix. Alors que dans le même temps, son ex-parti lui a emboité le pas à deux semaines de l’élection.

Le membre du gouvernement n’a pas jugé opportun de s’appesantir sur les événements survenus après le scrutin du 27 août 2017. Toutefois, a-t-il souligné, il s’est posé le problème de choisir une voie de sortie de la crise postélectorale. «Fallait-il opter pour la résistance, en attendant un hypothétique plan B, ou alors explorer la voie d’un dialogue politique national inclusif préconisé par le pouvoir en place ?», s’est-il interrogé. Sa réponse est qu’en tant que «républicain, démocrate et progressiste», il a opté pour le dialogue entre les forces vives du pays auquel il a activement pris part.

«Ce dialogue s’est tenu face à d’autres compatriotes que je ne prends pas pour des ennemis de la Nation, des apatrides, mais pour des Gabonais avec lesquels je peux avoir des points de vue divergents sur la manière dont est géré le pays, mais aussi avec lesquels il m’est possible de parvenir à un compromis, après des échanges directs, francs et laborieux», a expliqué Eyogo Edzang. «Accepter le dialogue c’était accepter les règles du jeu et notamment une éventuelle participation au gouvernement issu lui-même des Actes du dialogue», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, il a tenu à assumer pleinement sa nouvelle fonction. Selon l’ancien militant de l’UN, en l’excluant de cette formation politique, «les instances dirigeantes n’ont fait qu’entériner une décision programmée». Pour lui, «la séparation de corps était effective et il ne manquait plus que l’acte du divorce». Son avenir politique est donc sur les bons rails.