Le parti de René Ndemezo’o Obiang annonce pour le vendredi 16 février un congrès extraordinaire censé actualiser les textes de ce parti de l’opposition, alors que le collège des vice-présidents a déposé une motion préjudicielle visant à empêcher ces assises, prétextant un déni de «collégialité» de la part du président et certains de ses proches collaborateurs.

Le siège de Démocratie nouvelle à Libreville. © Gabonreview

 

A quelques mois des prochaines législatives, Démocratie nouvelle est scindé en deux : ceux qui, comme Jonathan Ndoutoume Ngome, pensent que «DN se porte bien», et le collège des vice-présidents pour qui le mode de gouvernance actuel est loin d’être démocratique. Les premiers annoncent pour les 16 et 17 février prochains un congrès extraordinaire.

Ces assises, a expliqué au quotidien L’Union le porte-parole du parti, vise «la révision des textes». Créé à la veille de la présidentielle d’août 2016, DN ne se reconnaîtrait plus dans la mouvance de l’opposition dite résistante, et se situerait désormais «un peu au centre», tout en prônant «les idées de gauche». Selon Jonathan Ndoutoume Ngome, les appellations «présidents» et «vice-président» ne conviennent plus à l’idéologie actuelle du parti ayant un temps soutenu Jean Ping. Bientôt, René Ndemezo’o Obiang sera présenté comme le «premier secrétaire» du parti et ses collaborateurs des «secrétaires» ayant chacun une mission précise.

Si les innovations à venir peuvent trouver l’assentiment des vice-présidents actuels, la tenue du congrès extraordinaire, elle, devrait être ajournée pour permettre au parti d’éviter une crise et d’enregistrer de nouvelles démissions. En effet, le mode de gouvernance adopté par le président de DN ces derniers mois est loin d’être apprécié du collège des vice-présidents et d’autres cadres qui ont déposé une motion préjudicielle mercredi 15 février. Il est reproché au président de violer continuellement les textes. «Absence de collégialité dans la prise de décisions engageant le devenir du parti», «autocratie», «népotisme», «ethno-régionalisme», «enrichissement personnel», la liste des reproches adressés par les cadres de DN à René Ndemezo’o Obiang est loin d’être exhaustive.

Si le congrès extraordinaire de ce week-end est confirmé, Mathieu Obame Etoughe et ses compagnons indignés ne manqueront pas d’enflammer les débats.