Dans sa réponse au rapport critique d’Olam et du Gabon, l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) estime que le travail produit par les ONG Mighty et Brainforest, manque de contexte et d’impartialité. C’est une critique particulièrement fallacieuse et injuste du développement de l’agriculture durable au Gabon.

Le directeur de l’Agence nationale des parcs nationaux ; Lee White. © Gabonreview

 

Les réactions à la publication du rapport des ONG Mighty et Brainforest, accusant la multinationale singapourienne de déboiser les forêts du pays pour y établir la plus grande plantation d’huile de palme d’Afrique, sont loin de connaître leur épilogue plus d’un mois après. En effet, après le dédouanement du mis en cause, les récusations de l’ONG Initiatives développement recherche conseils (IDRC Africa), c’est autour de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) de courir à la rescousse d’Olam Gabon pour déprécier le document intitulé : «La boite noire du commerce de l’huile de palme : ou comment l’émergence du géant de l’agrobusiness Olam parmi les acteurs majeurs du commerce de l’huile de palme menace l’avenir des forêts d’Asie du Sud-Est et du Gabon

«Le ton de ce rapport partial insinue que le Gabon est en train de détruire intentionnellement ses forêts. Mighty méconnait la situation exceptionnelle du Gabon, une nation qui a la couverture forestière par habitant la plus importante (avec une forêt couvrant 88 % du pays) et l’un des taux de déforestation les plus bas de la planète. Plutôt que de convertir de façon responsable certaines zones de forêt dégradées pour encourager une économie agricole, Mighty pense que le Gabon devrait s’appuyer sur l’écotourisme et la finance carbone afin de remplacer la dépendance au pétrole», relève le directeur des parcs nationaux, Lee White.

Pour l’ANPN, la méconnaissance du Gabon par l’ONG Mighty, ainsi que ses différents outils juridiques et politiques dont le but est de permettre au pays de se transformer en une économie émergente, de réduire la pauvreté, de procurer des emplois sûrs, de garantir le régime des terres rurales et d’assurer la sécurité alimentaire, auraient soustrait au rapport toute sa pertinence scientifique.

«Notre joint-venture avec Olam est coordonnée au développement de notre politique nationale ; nous avons déjà engagé Olam à se conformer aux normes environnementales et sociales les plus strictes. La société Olam respecte de façon proactive ces normes imposées par le gouvernement et contribue activement au plan de développement économique durable du Gabon tout en créant des emplois ruraux et des revenus indispensables à la population majoritairement jeune du Gabon», a indiqué Lee White.

Regrettant le fait que le rapport s’appuie de façon sélective sur les évaluations de l’impact environnemental et social (ESIA) réalisées par Olam ; ne mentionne aucun de ces travaux de planification ; ne tienne pas compte du plan national de développement stratégique et de ses orientations visant à établir au Gabon un nouveau modèle de développement durable qui préservera les forêts.

«Il est très décevant de constater que ni ces différents points, ni les importants avantages sociaux découlant de l’emploi stable et de l’investissement rural, n’apparaissent dans le rapport de Mighty – est-ce parce que l’équipe de Mighty n’a pas pris le temps de discuter avec les différents intervenants ? (…) Les membres de Mighty n’ont tout simplement jamais visité le Gabon pour comprendre le travail unique que nous avons réalisé dans le cadre de notre joint-venture avec Olam, ou même discuté de ce travail avec nous. (…). Par conséquent, nous sommes ravis que le sénateur Waxman, président de Mighty, ait accepté l’invitation personnelle du Premier ministre gabonais à entamer une discussion sérieuse, et nous espérons qu’il visitera le Gabon et les plantations de notre joint-venture, afin de donner à Mighty une image exacte et précise de notre stratégie de développement national», a conclu le directeur des parcs nationaux, Lee White.