Comme il est presque désormais de coutume, la demande d’organisation d’un meeting à Rio par la Coalition pour la nouvelle République (CNR) a été rejetée, le 23 novembre 2018, par le ministre de l’Intérieur Lambert-Noël Matha.

Le ministre de l’Intérieur, Lambert-Noël Matha a refusé à la Coalition pour la nouvelle République le droit de manifester ce 23 novembre 2018 à Rio (Libreville). © gabonreview

 

Le 21 novembre dernier, la CNR acquise à la cause de Jean Ping a appelé la population à un grand rassemblement au carrefour Rio, à Libreville, prévu ce 23 novembre. Cette manifestation avait pour objectif de contraindre le gouvernement au respect strict de la Constitution et la présidente de la Cour constitutionnelle à renoncer à sa fonction. Il n’en sera finalement rien. Une source du ministère de l’Intérieur informe ce vendredi que le meeting n’aura pas lieu. «Ils ont écrit et le ministre leur a répondu. Le meeting n’aura pas lieu», déclare-t-elle, précisant que l’interdiction de manifester a été adressée aux initiateurs, parmi lesquels le sénateur Jean Eyéghé Ndong qui, dans une lettre adressée à Lambert-Noël Matha avait fait valoir sa qualité de président du groupe parlementaire Front uni au Sénat.

Prise le 14 novembre par la Cour constitutionnelle, la décision n° 219/CC fait encore couler beaucoup d’encre et de salive. La juridiction avait, en effet, ajouté un alinéa à l’article 13 de la Constitution afin de donner au vice-président de la République Pierre-Claver Maganga Moussavou le droit de présider un Conseil des ministres en l’absence d’Ali Bongo, malade et ne pouvant lui signer une autorisation expresse. L’initiative de la Cour est vivement dénoncée par l’opposition et la société civile, qui la présente comme un «coup d’Etat constitutionnel». La Coalition pour la nouvelle République (CNR) avait aussitôt appelé le peuple à «un sursaut patriotique» et à «défendre sa souveraineté».

C’est dans cette optique que devait s’organiser ce grand sit-in au carrefour Rio, dans le 3e arrondissement de Libreville. Un rendez-vous qui, selon les organisateurs, visait à défendre «la prospérité du Gabon, pour le bien-être de tous les Gabonais». «Il faut se lever pour la Constitution, pour pousser à la démission Marie-Madeleine Mborantsuo, pour la protection des acquis sociaux !», indiquaient la CNR. Mais en plus, il s’agissait également de dénoncer les engagements illégaux pris par le gouvernement d’«irresponsables», à l’exemple de la dette dont les taux d’intérêt ont augmenté à cause de la disparition du «mécréant» et pour l’éducation «sacrifiée» des enfants.

Au final, la requête du président du groupe parlementaire Front uni, membre de la CNR, soumise au ministère de l’Intérieur pour solliciter du chef de ce département l’organisation de cette manifestation et la mise à disposition des agents des forces de police pour sa sécurisation a essuyé une fin de non recevoir.