L’ancien directeur général de Libertis, ancien PCA de Gabon Télécom et ancien ambassadeur du Gabon en Afrique du Sud, est décédé ce lundi à Paris.

En médaillon, Thomas Souah, ancien DG de Libertis et ancien PCA de Gabon Télécom. © Montage Gabonreview

En médaillon, Thomas Souah, ancien DG de Libertis et ancien PCA de Gabon Télécom. © Montage Gabonreview

 

On le savait en «petite forme» depuis le décès de son épouse il y a près de 2 ans. On le savait un peu «asséché» financièrement depuis quelque temps, mais on ne pouvait imaginer que ce très proche d’Omar Bongo affrontait la mort depuis plusieurs semaines. Thomas Souah, 71 ans, est mort ce lundi 9 novembre 2015 dans la capitale française.

L’ancien directeur général de l’Office des Postes et Télécommunications (OPT, de 1972 à 1990, puis de 1997 à 2004) et président du Conseil d’administration de Gabon Télécom jusqu’à la privatisation de cette entreprise publique en 2004 «se battait contre un diabète pernicieux depuis quelques semaines», selon l’un de ses proches.

Les dernières mentions de son patronyme dans la presse remontent à la mi-avril 2011 lorsqu’il est sorti de manière spectaculaire de la villa qu’il occupait depuis très longtemps dans le quartier huppé de La Sablière à Libreville. Un huissier de justice accompagné d’agents de police avaient été commis pour cette éviction. L’homme avait alors accumulé, selon des sources dans son voisinage, d’énormes arriérés de loyers dans une maison qu’il payait facilement à 16 millions de francs CFA par mois du temps de sa magnificence à Gabon Telecom, assuraient les mêmes sources soutenant que cette éviction était le fait de Patience Dabany, mère de la défunte Amissa Bongo, propriétaire de la villa concernée. Thomas Souah était pourtant connu comme cousin d’Omar Bongo. Ce qui en faisait un oncle d’Amissa. Une expulsion moins spectaculaire aurait donc pu être négociée, mais l’homme devait déjà être en disgrâce avec la famille du président.

Après avoir dirigé l’OPT pendant près de deux décennies, Thomas Souah fut emporté, avec un parfum de scandale financier, par la «bourrasque» de 1990 qui vit tomber, un à un, de nombreux membres du gouvernement et dirigeants d’entreprises publiques. Il fut alors désigné, en décembre 1990, soit quelques mois après la libération de Nelson Mandela, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Gabon en Afrique du Sud. Il y restera pendant sept ans. Premier ambassadeur du Gabon à Prétoria, il mit en place les mécanismes destinés au renforcement de la coopération bilatérale dans divers domaines, notamment dans les domaines politique, économique et sanitaire. En 1997, il fut rappelé par Omar Bongo pour restructurer l’OPT alors en proie à d’énormes difficultés. Deux entités naquirent de cette restructuration, à savoir Gabon Poste et Gabon Télécom. A la suite de celle-ci, il deviendra PCA de Gabon Télécom où il percevait un salaire parmi les plus élevés du pays, selon la légende.

L’ancien plénipotentiaire était un homme affable, toujours souriant et généreux pour ses proches.