Initié par Matamba Kombila, le projet cinématographique «Sens Dessus Dessous», mettant en exergue des enfants sourds et muets, arrive en phase de finalisation. D’où l’appel à fonds que la réalisatrice a lancé le 23 avril dernier sur la plateforme indiegogo.com.

Une scène de la série. © D.R.

 

Mini-série de neuf courts-métrages de neuf minutes chacun, «Sens Dessus Dessous» a pour trame de fond quatre enfants sourds et muets, frustrés par leurs difficultés de communiquer avec leurs familles, qui décident d’inventer une machine devant leur permettra de briser les barrières de la langue et les préjugés auxquels ils sont confrontés quotidiennement.

Matamba Kombila, réalisatrice de «Sens Dessus Dessous», et quelques scènes de tournage de la mini-série. © Gabonreview

La première partie de ce projet, un épisode, entièrement financé sur fonds propres par Matamba Kombila, sa réalisatrice, a été un franc succès. De l’Afrique à l’Europe, en passant par l’Amérique ou l’Asie, «Sens Dessus Dessous» a été fortement apprécié des cinéphiles, mais également par les milieux cinématographiques. Aussi, pour parachever ce beau projet, destiné à rappeler à chacun la nécessité d’accepter et de participer à l’effort d’intégration, de sociabilisation, de solidarité, de fraternisation et d’autonomisation de cette catégorie de personnes, la réalisatrice gabonaise, portant à bout de bras le projet jusqu’ici, a décidé de procéder à une levée de fonds.

Série destinée à faciliter la communication entre les personnes souffrant des troubles de l’audition et les autres, le projet a commencé en 2015 lorsque la cinéaste Nathalie Pontalier a invité Matamba Kombila à écrire et à diriger cette initiative qu’elle réalisait en partenariat avec l’École nationale pour enfants déficients auditifs (Eneda). «J’ai été surprise de découvrir qu’il y avait une école pour enfants sourds au Gabon parce que je n’avais jamais rencontré, étudié ou travaillé avec quelqu’un qui communique avec la langue des signes», raconte la réalisatrice.

«Nous avons donné des cours de cinéma hebdomadaires aux élèves de 6e pendant deux mois et nous avons créé une histoire pour un court-métrage dans lequel certains des adolescents jouaient alors que d’autres assistaient dans différentes capacités», a-t-elle expliqué.

L’ambition du projet est de faire un focus sur les thèmes de l’auto-accomplissement et de la solidarité. Ce qui, en fin de compte, permettrait de s’éloigner des sujets habituels articulés autour de l’autodépréciation ou de la victimisation. «Je voulais aussi faire un récit intime pour montrer au public gabonais des individus aux prises avec le conflit, l’amour, la jalousie, le rejet, la cupidité, l’ambition. J’ai donc centré les histoires sur les expériences personnelles de chaque personnage et la beauté qui peut venir de leurs circonstances désastreuses», précise Matamba Kombila.

Trois ans après le début du projet, près de dix millions de Francs CFA, soit 18.000 dollars sont désormais nécessaires pour l’achever. Et dans son désir de faire participer le plus grand nombre, la Gabonaise use des nouvelles formules d’appel à capital : le financement participatif. Chacun est invité à participer, selon son bon vouloir, à cette collecte de fonds en déposant sa donation sur la plateforme indiegogo.com. 100 francs, 200, 1.000, 10.000 francs,… la somme n’est jamais trop petite. «C’est grâce aux petits ruisseaux que se forment de grandes rivières», assure la réalisatrice qui, au regard du succès retentissant des premiers épisodes intitulés «Télésourd» dans les festivals du monde entier, a réussi à produire ces grandes histoires d’accomplissement collectif au Gabon.

«Mais nous avons besoin de votre aide pour le finir et l’amener sur vos écrans à travers le monde. Nous avons passé 19 jours à tourner à Libreville et avons réussi à faire un exploit incroyable de cinéma indépendant. Maintenant, nous voulons vous inviter dans le processus pour nous aider à terminer le film», a-t-elle lancé en guise d’appel à contributions.

La formation et le partage des connaissances étant la pierre angulaire de cette initiative, le style visuel et l’esprit du projet reflètent l’espoir et l’avenir. La catégorie de personnes concernée ayant peu de choix de carrière en raison du peu de programmes d’éducation et de formation pour les malentendants au Gabon, il leur offre ainsi la possibilité de renforcer leurs capacités dans les métiers de la cinématographie qu’ils ont appris à aimer et qu’ils pourraient monétiser dans le futur.

Pour contribuer à ce projet, se rendre sur : https://www.indiegogo.com/projects/sens-dessus-dessous–2#/ ou envoyez un don via Airtel Money au 04 73 15 15.