A travers son spectacle «Albi» offert, vendredi 27 octobre, au public de l’Institut français du Gabon (IFG), la directrice artistique de la Compagnie Solik s’est attaquée aux préjugés faisant des albinos des êtres humains différents des autres.

Gaëll Ikonda (tenant la corde) et Chriis Warren, dans «Albi», le 27 octobre 2017 à l’IFG de Libreville. © Gabonreview

 

Elle l’assure, «en dehors de son apparence physique, un albinos n’est pas plus différent qu’un autre être humain». Pourtant, pour avoir parcouru plusieurs pays du continent africain, aussi bien pour des prestations que pour ses formations, Gaëll Ikonda ne nie pas que ces personnes dépourvues de pigmentation subissent encore des persécutions. Celles-ci sont depuis des décennies l’objet de croyances, de fantasmes et de préjugés tous plus invraisemblables les uns que les autres. Dans certains pays, à l’instar de la Tanzanie, les albinos sont «chassés» pour leurs organes. Ceux-ci entreraient dans la composition de fétiches utilisés à diverses fins.

Des moments du spectacle. © Gabonreview

«Albi», la création présentée, vendredi 27 octobre,  à l’IFG dans le cadre de la Semaine de la danse, est à apprécier comme la «dénonciation» de ces idées reçues que la directrice artistique de la Compagnie Solik juge «fausses», en plus de porter atteinte à la survie d’une communauté, dont les conditions de vie au quotidien sont déjà assez difficiles. Pour exprimer sa colère et son indignation, Gaëll Ikonda a tenu à se faire accompagner sur scène par Chriis Warren, un jeune mannequin gabonais…albinos.

Une quinzaine de minutes durant, le duo formé par Gaëll et Chriis s’épie, se découvre. Chacun des deux cherchant à connaître qui il a en face de lui. Si Chriis voit une jeune femme, Gaëll semble vouloir savoir à quel genre d’être vivant elle a affaire. Vient l’oppression, l’acharnement contre l’«albi». Corde, coups et poudre blanche déversée sur son corps, rien n’est épargné à cet être différent. Pourtant, au bout de quelques temps, l’humain «normal» finit par se rendre compte de la souffrance de l’oppressé. L’«albi» est en réalité semblable à lui. Etreinte. Projection d’extraits du documentaire «L’Afrique albinos» de Russia Today (RT). Rideau.

Le spectacle de Gaëll Ikonda qu’accompagnaient deux slameurs du groupe Slam Action a également permis de découvrir une autre création de la jeune danseuse gabonaise, intitulée «Ne m’oublie pas», où elle évoque son parcours artistique. Des vidéos d’extraits de créations d’autres auteurs (Cie Gwen Rakotovao, Sonia Al Khadir, Cie Xtreme Fusion) ont été projetées avant et après les prestations de la danseuse.