Mis sous pression par sa tutelle après le fiasco des Panthères à la dernière Tropicale Amissa Bongo, le président de la Fédération gabonaise de cyclisme (Fegacy) ne rendra pas son tablier.

Maurice Nazaire Embinga (en premier plan), le président de la Fegacy. © Gabonreview

 

S’achemine-t-on vers un bras de fer entre le président de la Fédération gabonaise de cyclisme (Fegacy) et la ministre des Sports ? Alors que sa démission a été ouvertement exigée par sa tutelle, suite au fiasco des Panthères à la dernière Tropicale, Maurice Nazaire Embinga n’entend pas se laisser faire. Dans une récente interview au quotidien L’Union, il a été catégorique, affirmant qu’il ne rendra pas son tablier.

«Je n’ai pas été nommé en conseil des ministres. Je ne pense pas qu’il existe un texte qui dit qu’en cas de problème, la ministre doit s’ingérer dans les affaires des fédérations et peut demander le départ d’un président», s’est défendu le président de la Fegacy, dont le mandat a été renouvelé le 14 janvier dernier. «Je ne comprends pas comment un président élu par ses pairs peut se soumettre à des injonctions frisant la légèreté», a-t-il ajouté.

Au-delà de cette incompréhension, Maurice Nazaire Embinga a surtout pointé du doigt la démarche de la ministre des Sports. «Si elle (Nicole Assélé, ndlr) veut me faire partir de la présidence de la Fegacy, elle n’a pas d’autre choix que de formuler une demande à l’Union cycliste internationale (UCI), tout en indiquant à cette instance (…) ses différentes motivations», a-t-il expliqué, soutenant que la ministre des Sports ne devrait pas chercher des boucs émissaires après le fiasco des Gabonais à la dernière Tropicale.

En effet, les cyclistes gabonais ont boudé cette compétition qui s’est tenue du 27 février au 5 mars dernier. Ils réclamaient le paiement de primes non perçue depuis l’édition 2015. Un mouvement d’humeur lourdement sanctionné par Nicole Assélé, qui a banni à vie les cyclistes frondeurs de toutes compétitions nationale et internationale, exigeant, au passage, les démissions du Directeur technique national (DTN) et du président de la Fegacy.

S’exprimant, par ailleurs, sur ce boycott, Maurice Nazaire Embinga s’est voulu quelque peu moralisateur à l’endroit de Nicole Assélé : «Nous devons faire un examen froid de la situation qui prévaut au sein de la petite reine gabonaise afin de trouver des solutions pérennes (…) Les sanctions doivent être proportionnées. On ne prend pas des décisions sous le coup des émotions». Cette dernière appréciera. «Si le ministre s’agite, cela ne me regarde pas. Moi je reste président de la Fegacy», a conclu Maurice Nazaire Embinga.