Joint au téléphone après une déclaration-bilan sur les travaux du Dialogue d’Angondjé diffusé sur sa page Facebook, le 2 juin 2017, Mike Jocktane rappelle qu’il a été favorable à la limitation du nombre de mandat et contre leur cumul. Cependant, il accuse Maganga Moussavou d’avoir fait modifier le rapport final des travaux.

Mike Jocktane, ancien Vice-président de l’Union nationale. Il a pris part au dialogue politique initié par Ali Bongo du 12 avril au 26 mai 2017. © D.R.

 

Dans son bilan du Dialogue politique d’Angondjé, publié sur sa page Facebook, Mike Jocktane affirme qu’ils n’ont pas pu obtenir la limitation du mandat présidentiel qui, de son point de vue, «aurait donné plus de crédit» à leurs travaux, ainsi que le non-cumul de mandats politiques. «Personnellement, j’étais en faveur de la limitation du mandat et j’étais contre le cumul des mandats», a-t-il expliqué avant d’affirmer qu’à l’issue des travaux en commissions, la limitation du mandat présidentiel n’a finalement pas été obtenue. Par contre, les membres des commissions 2 et 4 qui avaient voté pour le non cumul des mandats, ont été surpris de la décision contraire figurant dans le rapport final du Dialogue. Pour l’Évêque, Pierre-Claver Maganga Moussavou serait à l’origine de la manœuvre.

«Pour ce qui est du cumul des mandats, on a été surpris de découvrir une modification sur cette question malgré l’avis des commissions. Ça veut dire que dans les commissions 2 et 4, on a opté pour le non-cumul des mandats. Et on a été surpris dans le rapport final de voir que cela a été modifié et apparemment sur la pression de Maganga Moussavou», a déclaré l’évêque joint au téléphone.

Eu égard aux interprétations et à la réception, par l’opinion nationale, de certains éléments du rapport final du Dialogue, notamment le point relatif à la non-limitation du mandat présidentiel, l’ancien vice-président de l’Union nationale est favorable à un référendum. «Je pense que passer par le référendum avait un avantage clair puisqu’il donnait une pleine légitimité aux résolutions du dialogue», a-t-il souligné. S’appuyant par contre sur les avis des «spécialistes», il a indiqué qu’il semblerait que le passage par le référendum soit difficile à cause du nombre de résolutions et aussi à cause des délais courts.

Lancien Conseiller d’Omar Bongo affirme que «ce n’est pas fini». «Ces questions sont des questions majeures et on les retrouvera dans les semaines, les mois et les années à venir». Cette formulation sibylline suggère-t-elle que Mike Jocktane serait favorable au troisième dialogue souhaité par Casimir Oyé Mba et Guy Nzouba Ndama. «Non, je ne suis pas partant pour un troisième dialogue», a-t-il répondu, ajoutant qu’il n’a jamais cru à un dialogue de synthèse. L’homme d’église s’est prononcé en faveur des discussions directes entre les acteurs politiques. Au-delà de toutes considérations, il estime que rien n’empêche Casimir Oyé Mba et Guy Nzouba de prendre langue avec le pouvoir et d’apporter leur contribution à la décrispation et à la construction du Gabon. «Ce que je crois c’est que les acteurs politiques majeurs, dans la période actuelle, à cause de la crise, doivent se parler», a-t-il déclaré, non sans préciser que cela ne doit pas nécessairement se faire dans le cadre d’un «dialogue aussi lourd».