Si certains s’interrogent sur l’origine de la crise sociopolitique du moment, d’autres, à l’instar du Front patriotique des ferrailleurs (FPF), croient savoir que celle-ci est le fait de personnes ayant appartenu au système Bongo-PDG, ainsi que des collaborateurs d’Ali Bongo, voire de certains fonctionnaires irresponsables.

Des membres du FPF dénonçant «un complot politique» contre Ali Bongo, le 5 août 2017 à Angondjé. © Gabonreview

 

Juste Louango, le président du FPF, le 5 août 2017 à Angondjé. © Gabonreview

S’agissant de la crise politique et sociale du moment, les coupables ne sont pas à chercher bien loin. On est tous responsables de la situation actuelle, chacun à des degrés différents. C’est en tout cas la conviction du Front patriotique des ferrailleurs (FPF) qui, à la faveur d’une sortie, samedi 5 août à Angondjé, a interpellé le président de la République à «mettre rapidement en pratique la politique de l’Egalité des chances et le «Changeons ensemble» sur la base desquels les Gabonais lui ont accordé leur confiance le 27 août 2016».

Si les populations gabonaises font face à des difficultés multiformes depuis ces dernières années, c’est en réalité parce qu’Ali Bongo fait l’objet d’«un complot politique» ourdi dans un premier temps par la France, croit avoir compris la structure que son secrétaire général Brice Nziengui a présentée comme «un mouvement économique et sociopolitique». «Il est évident, au regard des faits que nous observons aujourd’hui que nous sommes là, face à une stratégie de déstabilisation du pouvoir actuel et des institutions, longtemps et minutieusement préparée et qui se dévoile au grand jour», a prétendu Juste Louango. Ce «complot», avance-t-il, a démarré en 2010 avec la diffusion sur France 2 du magazine ayant décidé André Mba Obame à revendiquer sa victoire à la présidentielle 2009. La diffusion, en juillet dernier, sur la même chaîne du magazine Complément d’enquête ayant eu pour sujet «Les Bongo, une histoire française» a semblé finir de convaincre le président du FPF.

Mais le FPF voit également dans l’entourage actuel et passé d’Ali Bongo l’autre origine de la crise sociopolitique vécue par les Gabonais. Pour Steve Moughiama Ntoutoume, vice-président du mouvement, «la situation que nous vivons actuellement est l’agrégat du septennat précédent. Elle a savamment été préparée par les néo-opposants au pouvoir en place». Juste Louango de préciser, en prenant l’exemple du secteur de l’Education nationale, que depuis les années 1990 avec d’anciens ministres aujourd’hui à l’opposition jusqu’à Séraphin Moundounga, «une arnaque (a été) savamment planifiée par les autorités en charge de se secteur dans le but d’entraîner le pourrissement de la situation de l’école gabonaise avec ses différents corollaires, tout en se mettant plein les poches au détriment du bien commun». Pour Jules Esdras Mouhouloulou, des collaborateurs actuels du président de la République ne sont pas exemptés non plus. «Il y a comme une main noire qui s’emploie à bloquer la réalisation des projets du président», a soupçonné le membre du FPF, qui a exhorté Ali Bongo à faire le ménage autour de lui.

L’administration publique, notamment certains de ses agents au comportement jugé «irresponsable», est aussi une cause de la crise actuelle. Mais n’allez surtout pas vous interroger sur la responsabilité d’Ali Bongo lui-même. Le FPF vous répondrait qu’il n’y est pour rien. Du moins, «la (seule) responsabilité du président de la République vient du choix de ses collaborateurs, mais certainement pas des choix faits par ces derniers», a tenté de défendre Juste Louango, selon qui «un chef reçoit des rapports, un chef ne fait pas de rapport».