Si au niveau national la crise postélectorale peine à trouver des solutions pérennes et les tensions demeurent vives, avec de nombreuses restrictions infligées aux opposants, au niveau international, l’on annonce une résolution de l’Union européenne qui devrait certainement sanctionner le régime de Libreville.

Jo leinen (extrême droite) pendant la présentation du rapport de la Moe sur la présidentielle du 27 août 2016, à Libreville. © Gabonreview

 

L’Union européenne va-t-elle prendre des sanctions contre le régime d’Ali Bongo ? L’éventualité d’une résolution contre Libreville a été évoquée dans un Tweet, le 7 septembre 2017, par le député européen Josef (Jo) Leinen. Président de la Délégation du Parlement européen au sein de la Mission d’observation électorale (Moe) au Gabon, pendant la présidentielle du 27 août 2016, il est désormais l’un des fervents contradicteurs du pouvoir de Libreville et demande de plus en plus des sanctions contre Ali Bongo et son entourage qu’il estime avoir fraudé lors du scrutin de 2016.

Sur son compte, le parlementaire européen écrit simplement : «résolution sur la situation au Gabon dans la plénière du Parlement Européen la semaine prochaine à Strasbourg». S’il n’en dit pas plus, l’on se souviendra que la veille, dans un post sur son site joleinen.de, il écrivait déjà qu’il fallait, maintenant, que les institutions internationales telles que les Nations-unies et l’Union européenne condamnent l’oppression de l’opposition et envisagent des sanctions contre les dirigeants.

En demandant ces sanctions, il s’appuie sur les restrictions faites ces derniers temps aux opposants et à certaines personnalités de quitter le pays, mais également sur les répressions respectives des différentes marches, manifestations et meetings organisés par le camp de l’opposition.

«Les représailles contre l’opposition gabonaise ont atteint une nouvelle dimension avec l’annonce du gouvernement de l’interdiction de sortie du territoire pour Jean Ping et d’autres dirigeants de l’opposition», notait-il et avant de relever qu’«en empêchant Jean Ping de dialoguer sur la scène internationale, Ali Bongo manifeste sa crainte d’une critique de la communauté internationale de plus en plus virulente envers ses actions de fraude électorale et de suppression des libertés d’expression».

Pour Jo Leinen, «Il apparaît évident qu’Ali Bongo craint une nouvelle dynamique politique suite à la courageuse décision de la Cour constitutionnelle du Kenya d’annuler l’élection présidentielle».

Le 31 août 2017, jour anniversaire des émeutes postélectorales, l’eurodéputé avait plaidé, une nouvelle fois, en faveur de sanctions contre les responsables de la crise politique au Gabon. Il avait appelé Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l’Union européenne, et les États membres, en particulier la France, à prendre des mesures spécifiques. «Il faut envisager des sanctions à l’encontre des responsables de la crise au Gabon», avait-il dit. S’achemine-t-on vers cette issue ? Rien n’est moins sûr. Pendant ce temps à Libreville, la crise s’enlise allègrement, dans un climat économique morose.