Les contestations relatives à l’élection présidentielle d’août 2016 au Gabon ne faiblissent pas hors du territoire national. Après les événements de New York, Edouard-Pierre Valentin et Crépin Gwodock ont, à leur tour, «encaissé l’onde le choc», le 24 juin 2017 à Paris. Une situation condamnée par l’ambassadeur, Haut représentant du Gabon en France.

Crépin Gwodock, impassible devant ses «verbalisateurs». © Gabonreview/capture d’écran

 

Décidément, les voyages, hors du pays, des personnalités gabonaises aux affaires ou ayant des liens avec l’exécutif se transforment de plus en plus en cauchemars. Après l’épisode de la délégation du président de la République huée à New York, l’attention s’est tournée le weekend dernier vers Paris (France) où, en séjour depuis une semaine, pour des «raisons professionnelles», Edouard-Pierre Valentin (président du Conseil d’administration de la Société commerciale gabonaise de réassurance (SCG-Ré) et accessoirement père de l’épouse d’Ali Bongo, Sylvia Bongo Ondimba) et Crépin Gwodock (administrateur, directeur-général de la même société) ont verbalement été bousculés par des membres de la communauté gabonaise de France proches de l’opposition.

Edouard-Pierre Valentin durant la véhémente «verbalisation». © Gabonreview

Dans deux vidéos amateurs circulant sur les réseaux sociaux, on peut voir les deux hommes, assis à la terrasse d’un café sur le boulevard Haussmann, subir les récriminations des contestataires du résultat de la présidentielle d’août 2016. Baptisé les «Panthères», ce groupe de Gabonais a abordé avec véhémence les deux personnalités, les affublant de diverses expressions dépréciatives : «assassins, criminels, tueurs, pédés…». Le petit groupe de manifestants les accuse en effet d’avoir «massacré les gens au Gabon le 31 août». «Ils ont tué les enfants, ils ont tué des gens au Gabon. Les Gabonais vous regardent…», ont-ils bruyamment scandé, visiblement très remontés.

Face au ramdam, des agents de police sont intervenus pour sécuriser les deux personnalités et écarter les manifestants. S’il y a eu du café et des verres renversés, l’intégrité physique des deux assureurs n’a pas été atteinte.

Dans la même journée, Flavien Enongoué, l’ambassadeur, Haut représentant du Gabon en France et auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est intervenu à la télévision depuis Libreville et a publié un communiqué pour condamner «la multiplication des actes de violence contre les personnalités gabonaises en séjour en France et déplore(r) le sentiment d’impunité qui contribue à les alimenter». Le communiqué du diplomate note la «gravité des faits» et dénonce en outre «l’atteinte à l’intégrité physique, à la dignité et à l’honorabilité» de ces personnes. Il précise par ailleurs que la représentation diplomatique du Gabon a «requis d’assister ces personnes dans l’action judiciaire qu’elles ont immédiatement engagée contre les agresseurs».

Des manifestations de ce type sont devenues courantes dans la plupart des villes occidentales où séjournent  les officiels gabonais. Les opposants de la diaspora gabonaise reprochent régulièrement à des officiels ou aux membres de la constellation Bongo leur proximité avec le pouvoir et les accuse de «cautionner» et d’avoir «laissé tuer les Gabonais pendant les émeutes postélectorales». Pour la plupart, ces manifestants établis dans des pays occidentaux souhaitent que Jean Ping, qui revendique la victoire à cette élection, soit établi dans les fonctions de président de la République.