Surfant sur les appels à la démission du président zimbabwéen, la plateforme de la société civile a espéré, le 18 novembre à Libreville, que ce mouvement s’applique aussi au Gabon, la victoire d’Ali Bongo étant toujours contestée plus d’un an après le scrutin d’août 2016.

Georges Bruno Ngoussi lors de sa déclaration, le 18 novembre 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

S’appuyant sur la crise au Zimbabwe, la plateforme de la société civile du Gabon a appelé les leaders africains à s’interroger sur le cas du Gabon. Un appel lancé le 18 novembre à Libreville par le président de cette plateforme, au cours duquel il a interpellé l’opinion internationale sur l’aspiration des peuples de choisir librement leurs dirigeants.

«A cet effet, la conférence Union européenne-Union africaine qui se tiendra les 29 et 30 nombre à Abidjan, devra être le moment indiqué pour donner au président Alassane Dramane Ouattara, l’occasion de s’exprimer clairement sur la situation postélectorale du Gabon», a déclaré Georges Bruno Ngoussi. «La plateforme nationale de la société civile gabonaise prendra part à la rencontre de la société civile en marge de la rencontre Europe-Afrique. Elle encouragera d’autres démocrates africains et européens à soutenir ouvertement les choix électoraux des peuples souverains», a-t-il annoncé.

Le président de la plateforme de la société civile du Gabon a également souhaité que la dernière sortie du président ivoirien sur RFI s’applique aussi au Gabon. Le 18 novembre, en effet, Alassane Dramane Ouattara a estimé qu’il est temps que le président Robert Mugabe, confronté à un coup de force de son armée, «cède son fauteuil à une nouvelle génération».

Dans le même élan, Georges Bruno Ngoussi a soutenu qu’il est inadmissible qu’au 21e siècle, les perdants d’une élection se maintiennent au pouvoir par la force. «Car la tendance aujourd’hui, consistant à ne se lever que s’il y a des morts par balle, fait lamentablement écran aux nombreux morts collatéraux suite aux différents maux. Tels que les arrestations arbitraires, les intimidations et bien d’autres», a-t-il conclu.

Déclaré vainqueur du scrutin présidentiel d’août 2016, Ali Bongo est toujours contesté par l’opposition et la majeure partie de la société civile. Les mouvements de contestation de cette victoire se sont généralement soldés par de fortes répressions du pouvoir.