Alors qu’on a célébré le 27 août dernier le premier anniversaire de l’élection présidentielle ayant permis à Ali Bongo de doubler son mandat à la présidence de la République, la diaspora gabonaise, vent debout, organise depuis quelques jours et ce, jusqu’au 31 août 2017, «une semaine d’hommages aux martyrs du 31 août 2016», à la mémoire des victimes des événements malheureux survenus après à l’annonce du résultat.

La diaspora gabonaise manifeste régulièrement depuis le début de la crise postélectorale née des résultats du scrutin du 27 août 2017. © D.R.

 

Depuis l’annonce des résultats de l’élection présidentielle du 27 août 2016 et la contestation de la victoire d’Ali Bongo par Jean Ping qui, les tensions sont restées vives. Ceci, particulièrement à cause des émeutes ayant faits des morts, des dégâts matériels ainsi que des arrestations dès le 31 août, à l’annonce du verdict du scrutin.

Malgré le Dialogue politique auquel ont pris part certains partis de l’opposition, certaines associations de la société civile et des personnalités de premier plan, visant à ramener le calme, la paix, la cohésion et la sérénité dans le pays, rien n’a changé. «La mémoire des victimes des violences postélectorales demeurent vive» et c’est pour commémorer cet anniversaire que la diaspora gabonaise organise plusieurs manifestations étalées sur une semaine. C’est donc pour les organisateurs, «un devoir de mémoire» à l’endroit des « des martyrs assassinés pour avoir revendiqué la vérité des urnes».

Cette semaine est articulée autour de plusieurs activités dont des marches citoyennes, des sit-in, des messes de requiem, des conférences débats sur diverses thématiques : «Elections présidentielles en Afrique, faut-il encore y croire ? Le cas du Gabon», «Enjeux économiques et financiers du développement en Afrique. Le cas du Gabon».

Ces conférences permettront, entre autres, de mettre un accent particulier sur les questions d’alternance démocratique, d’analyser la situation économique de l’Afrique, partant du Gabon, avec en toile de fond l’impact de la crise politique post-électorale.

Selon la note d’information des organisateurs, du beau monde participera à ces conférences. L’eurodéputé, ancien candidat à l’élection présidentielle 2017 en France Yannick Jadot y est attendu, de même que Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, consultant international, inspecteur des Finances, ancien élève de l’Ena de Paris, Hervé Lado, économiste, chercheur au programme Companies and Development (Codev), Mays Mouissi, analyste économique, Nicolas Sersiron, ancien président du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) et Olivier, Petitjean, journaliste, co-fondateur de l’Observatoire des multinationales

L’élection présidentielle de 2016 au Gabon reste l’une des plus contestée de l’histoire du pays. Tandis que Jean Ping, le principal opposant et challenger d’Ali Bongo poursuit la revendication de sa victoire, la diaspora gabonaise, dans le monde, a organisé une résistance sans précédente, visant à dénoncer le régime de Libreville et à le pousser à quitter le pouvoir. La semaine d’hommages aux «martyrs» intègre les actions, les initiatives et la dynamique engagées dans ce sens.