Dans une correspondance datée du 9 janvier dernier, l’ancien député et membre du mouvement Héritage et Modernité a appelé les forces de défense et de sécurité à cesser la répression sur les «compatriotes désarmés revendiquant juste les meilleures conditions de vie».

L’ancien député Edgard Owono Nguema. © D.R.

 

Dissident du Parti démocratique gabonais (PDG) désormais membre du courant Héritage et Modernité, Edgard Owono Ndong s’est adressé aux forces de défense et de sécurité avec, en toile de fond : la crise multiforme que connait le pays. Dans un courrier daté du 9 janvier dernier, l’ancien député du parti au pouvoir a déploré la répression policière et militaire sur les Gabonais, depuis la fin du dernier scrutin présidentiel à ce jour.

«Pourquoi tirer et tuer des Gabonais non armés, pourquoi tirer et tuer vos compatriotes qui n’ont fait que réclamer ce que nous avons fait ensemble ?», a interrogé Edgard Owono Ndong. «Comment comprendre que des mercenaires, des étrangers portent l’uniforme de l’armée gabonaise, l’écusson de nos forces armées gabonaises, utilisent les moyens de notre armée gabonaise pour tirer et tuer des Gabonais ?», a-t-il une fois demandé.

Pour le membre du mouvement Héritage et Modernité, les forces de défense et de sécurité ne devraient pas se considérer comme étrangers vis-à-vis de leurs compatriotes civils. «L’uniforme ne doit pas faire de vous des non Gabonais. Vous êtes bel et bien des Gabonais avec des enfants qui ne sont pas tous au Prytanée militaire ou il n’y a pas de grève (…), ayant des parents dans l’arrière-pays pour lesquels vous payez des ordonnances pour ne pas avoir bu de l’eau potable», a relevé Edgard Owono Ndong.

Dans son adresse aux éléments des forces de défense et de sécurité, l’ancien député a estimé que ces derniers iront en retraite un jour et comme leurs anciens frères d’armes, croupiront dans la misère, la mendicité et la non reconnaissance de la République. «Que diriez-vous, surtout que feriez-vous et pourquoi… ?», a encore questionné le membre d’Héritage et Modernité, un brin ironique.

Par ailleurs, l’ancien député s’est inquiété du sort du pays, vu le contexte politico-économique actuel. «Plus que jamais le pays est en danger», a-t-il lancé. «Un certain Amoussou, successeur d’Accrombessi, a fait importer une quarantaine de marabouts pour tenter d’inverser le destin déjà ficelé d’Ali Bongo et pour cela, une série de sacrifices à grande échelle est programmée», a ainsi révélé Edgard Owono Ndong.

Pour lui, il ne fait aucun doute que «l’accident des élèves du lycée de Mitzic n’est que le début d’une réaction en chaîne». Toute chose qui, selon Edgard Owono Ndong, devrait amener les parents à ne pas laisser leurs enfants se rendre dans les stades, dans le cadre de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2017

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga (stagiaire)