Plus de trois mois après leur congrès constitutif de mars 2017, Les Démocrates ont tenu, samedi 1er juillet, leur premier conseil politique. Guy Nzouba Ndama et les siens ont appelé à la tenue d’une médiation entre le pouvoir et la coalition tissée autour de Jean Ping, sous l’égide de la communauté internationale.

Le président des Démocrates Guy Nzouba Ndama (à gauche) et son SG Vincent Ella Menie, le 1er juillet 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Plus de trois mois se sont écoulés après le congrès constitutif de mars 2017. Samedi 1er juillet, l’heure était au bilan pour Les Démocrates, qui ont tenu leur premier conseil politique à Libreville. L’occasion pour le bureau directeur et les conseillers venus de l’intérieur du pays de «jeter un regard utile et sans complaisance sur (le) rétroviseur et esquisser finalement le portrait d’un mini bilan d’étape», avant de se positionner par rapport à la crise politique actuelle. Une crise qui, selon le parti de Guy Nzouba Ndama, «née de l’élection contestée d’Ali Bongo Ondimba, perdure et contribue gravement à la dégradation continue de la situation économique et sociale du pays, dont les effets entrainent la paupérisation des populations».

Or, chez Les Démocrates, l’on estime que pour sortir le pays de «cette situation désastreuse qui, chaque jour, devient de plus en plus insupportable», la tenue d’«une médiation entre la Coalition pour la nouvelle République et le pouvoir, sous l’égide de la communauté internationale», est plus que jamais nécessaire. Dans les jours qui viennent, officiellement mandaté par les siens, Guy Nzouba Ndama devrait se charger de «promouvoir cette position au sein de la coalition et d’entreprendre toute démarche visant à atteindre cet objectif sur les plans national et international». Rien ne dit que sa tâche sera facile. L’idée des pourparlers avec Ali Bongo n’a jamais vraiment enchanté Jean Ping pour qui la seule discussion qui vaille d’être menée avec le pouvoir est celle axée sur les conditions du départ de son rival. D’autant qu’il n’a pas cessé de se présenter comme «le président élu du Gabon».

Quelques conseillers politiques des Démocrates prenant part aux travaux, le 1er juillet 2017 à Libreville. © Gabonreview

Seulement, Les Démocrates tiennent à leur autonomie et à leur liberté d’opinion. Ils comptent d’ailleurs se battre pour faire accepter leur idée de médiation. «Nous avons choisi par-dessus tout de mener notre combat dans le cadre solidaire de la coalition formée autour du président élu, Jean Ping. Pour autant, notre appartenance à la coalition ne devrait signifier ni un reniement ni une dissolution de notre identité politique ; encore moins une mise sous tutelle de la libre expression de nos opinions suivant un certain bon sens et une certaine cohérence interne à la coalition», a mis en garde Guy Nzouba Ndama dès l’entame des travaux.

Leur liberté d’expression, Les Démocrates devraient également en faire usage dans les jours à venir, en saisissant la Cour constitutionnelle sur la question des législatives, dont l’organisation tarde à se mettre en place. Le parti accuse le gouvernement de ne pas vouloir respecter les délais légaux pour l’organisation desdites élections, alors que le 30 juillet 2017 a été fixé par la Cour comme la date limite de la tenue de ces élections. «Jusqu’à ce jour, le gouvernement n’a procédé à aucune opération préélectorale», s’est inquiété Vincent Ella Menie, le secrétaire général du parti, appelant au renouvellement de la première chambre du Parlement, pour «éviter de continuer d’avoir une Assemblée nationale sans légitimité».

Au cours de leurs travaux, revenant sur l’actualité sociopolitique, Les Démocrates n’ont pas manqué de condamner «avec la plus grande fermeté les actes de violence perpétrés de manière récurrente, ces derniers temps, sur certains compatriotes au plan national et international, notamment en France».