Les victimes et représentants des victimes réunis à Libreville entendent accompagner la mission de la CPI, en vue d’aboutir à l’éclatement de la vérité et à des réparations à hauteur des exactions subies.

Plusieurs victimes sont tombées sous les balles des hommes en arme lors de la crise postélectorale au Gabon © ici radio canada.ca

 

La venue annoncée d’une mission de la Cour pénale internationale (CPI), en ce mois de juin 2017, a été l’occasion pour les victimes et représentants des victimes de la crise postélectorale de se constituer en collectif pour exiger, dans une démarche coordonnée, les réparations attendues. Sous l’égide du Réseau des organisations libres pour la bonne gouvernance (ROLBG), du mouvement Femme Lève-toi, ainsi que de la plateforme nationale de la société civile, une réunion des victimes et de leurs représentants s’est tenue le 12 juin à Libreville, et s’est conclue par la création d’un collectif.

«Nous les victimes et familles des victimes de la crise postélectorale du 27 août 2016 avons décidé, compte tenu de la paralysie de la justice et de la complicité entre magistrats et pouvoir en place, de nous constituer en collectif de défendre nos intérêts et pour que justice soit rendue en faveur de nos fils et de nos filles, lâchement assassinés par les soldats et milices répondant aux ordres du régime d’Ali», a indiqué Christophe Rémande, le président du collectif.

Après un rappel du contexte dans lequel est née cette crise, le collectif a estimé de bon aloi d’être associé au déroulement de l’enquête qui va s’ouvrir. «A partir d’aujourd’hui, le collectif aux côtés de la société civile se considère comme un acteur majeur du dossier des crimes contre l’humanité, commis au Gabon au nom des victimes», a suggéré Remande.

Le collectif attend, entre autres, que les exactions et crimes commis soient reconnus, que justice soit rendue ; que l’ensemble des coupables (commanditaires et exécutants) soient identifiés, traduits devant la CPI et punis conformément aux dispositions du statut de Rome.

Le collectif souhaite également que les investigations soient menées avec son concours auprès de la chaîne de commandement, des hôpitaux, des pompes funèbres et du procureur de la République.

De même, il souhaite que des examens balistiques soient procédés sur des victimes et au QG de Jean Ping, ainsi que des enquêtes sur des fosses communes (Cap Esterias, Pointe Denis, cimetière Mindoube, cimetière de Lalala, Cité de la démocratie). Tout comme il exige une prise en charge du suivi médical des victimes, ainsi qu’un dédommagement des familles et victimes.

Le collectif entend exploiter toutes les opportunités susceptibles de rendre justice aux victimes et familles de celles-ci. «Pour la réalisation de notre mission nous comptons activement nous investir au Gabon et à l’international pour l’aboutissement des procédures en cours à la CPI, aux Etats-Unis et devant les tribunaux à compétence universelle», a précisé le président du collectif.

Auteur : Alain Mouanda