Six leaders de l’opposition ont appelé le 16 mars à Libreville à la réconciliation nationale, afin d’écarter le spectre de la «guerre civile» qui plane sur le pays.

Au centre le porte-parole du cercle des Notables de la République, Paul Mba Abessole. © Gabonreview

 

Les membres du cercle des notables de la République. © Gabonreview

Le Gabon est à la porte de l’implosion affirment six leaders de l’opposition, réunis autour d’une plateforme dénommée «Le cercle des notables de la République», au cours d’une déclaration, le 16 mars à la Chambre de commerce de Libreville.

Aristide Bourdes Ogouliguende, Paul Malekou, Louis-Gaston Mayila, Paul Mba Abessole, David Mbadinga et Richard Moulomba Mombo estiment que le Gabon basculerait «dans la guerre civile, si ses filles et ses fils ne s’arrêtent pas un moment, le temps du pardon, du regret et du rétablissement des relations rompues entre eux, en acceptant de discuter»

Pour ces six personnalités, la présidentielle de 2016 a ouvert des plaies béantes qui peinent à se cicatriser. Et si l’on y prend garde, elles risquent de gangrener tout le corps social. Après une analyse de la situation du Gabon, conduite en «union avec tous ceux qui ont été témoins des différents affrontements politiques dans toutes les provinces du Gabon», ces « notables de la République » estiment qu’il serait impérieux de réaliser avec toutes les forces vives de la Nation, «une œuvre durable, profitable à nous-mêmes, ainsi qu’aux générations à venir», à savoir : «bâtir un système démocratique humaniste et participatif».

Pour y parvenir, les «Notables de la République», ont suggéré, dans leur déclaration du 16 mars, une réconciliation nationale. «Nous sommes divisés : à l’intérieur de nos communautés, de nos partis politiques, de nos familles et même à l’intérieur de nous-mêmes. Nous sommes maintenant un peuple sans repères. Cet état de choses doit être prioritairement changé. Car, pour qu’un peuple progresse, il a besoin de retrouver son identité. Si on a perdu son identité, on a tout perdu, autant dire, qu’on est mort. Nous ne pouvons pas accepter que notre peuple aille à la mort», a déclaré le porte-parole de la plateforme, Paul Mba Abessole, affirmant que «nous avons besoin de nous parler, de nous apprécier à nos justes valeurs pour pouvoir décider sereinement ensemble».

Reconnaissant le bien-fondé des dialogues initiés par Jean Ping et Ali Bongo, les six leaders n’ont pas manqué de regretter que chacune de ces assises n’ait tenu compte de l’autre. «Nous, nous avons lu les conclusions ou les recommandations de l’un et l’autre, notre principe social étant non pas, c’est toi ou c’est moi, mais plutôt toi et moi. Des choses fort intéressantes, utiles pour notre pays y ont été dites. Pourquoi n’en ferions-nous pas une synthèse afin que nous en profitions tous ? Prenons la résolution de mettre ensemble nos compétences de nos nombreux savoirs», a souhaité Paul Mba Abessole.

Pour pacifier le pays, à travers la réconciliation nationale, les «Notables de la République» recommandent de bannir la bataille des ego et le culte de l’arrogance, bourgeons d’archaïsmes et des errements d’où émergent les fleurs de l’irresponsabilité.

«Le Gabon, notre Gabon, est une immensité en longueur, en largeur et en profondeur. Il n’y a pas de place pour les orgueilleux sur notre terre», a conclu Paul Mba Abessole.