Le nouveau discours du candidat à la présidentielle d’août 2016 est plutôt critique vis-à-vis de l’opposition, qu’il accuse de faire le jeu du pouvoir en place, en entretenant la crise socio-politique actuelle.

Gérard Ella Nguema, du temps de son amitié avec Zacharie Myboto (à droite). © D.R.

 

Ira, n’ira pas au dialogue national appelé par Ali Bongo ? Bien malin qui sera capable de décrypter la position exacte de Gérard Ella Nguéma. Candidat lors de la présidentielle d’août 2016 pour le compte d’une branche de l’Union nationale, l’UN-AMO (Action, Modernité et Ouverture), le jeune leadeur opposant semble se chercher depuis ces derniers mois, au point que son positionnement politique en est devenu flou. Vomi par l’opposition avant cette élection, il est perçu comme un «traitre» par certains, quand d’autres estiment qu’il n’a jamais réellement cessé de jouer le jeu du pouvoir alors qu’il se présentait comme l’un des plus virulents contempteurs d’Ali Bongo.

Aujourd’hui pourtant, c’est Gérard Ella Nguéma qui porte cette même accusation contre l’opposition dite «radicale» représentée par Jean Ping et ses soutiens, parmi lesquels son ancien parti, l’Union nationale. Il l’accuse notamment d’être une «tentacule jumelle» du «système Bongo/PDG», qui gagne à voir le Gabon sombrer peu à peu dans le chaos à travers «la perpétuation du statu quo». Et si le dernier scrutin présidentiel a engendré la crise socio-politique actuelle, le président de «la 3e Voie», une jeune plateforme politique, croit savoir que celle-ci était inévitable. Le rôle joué par chacun des «alliés» a été parfaitement exécuté : «La première tentacule avait pour mission la poursuite de la gouvernance officielle de l’Etat. La seconde tentacule, au rôle plus subtil et stratégique, était composée d’éminentes personnalités démissionnaires du PDG ou de la galaxie présidentielle. Leur mission consistant à investir les rangs de l’opposition avec «armes et bagages» ainsi que d’importants moyens financiers».

A la faveur de l’ouverture de la récente concertation politique organisée par sa plateforme, Gérard Ella Nguéma a notamment accusé les leadeurs de l’opposition actuelle de s’être servis de divers moyens de pression pour «contrôler, manipuler, neutraliser et phagocyter l’opposition véritable», à laquelle il appartenait jusque-là. Pour lui, en 2016, il n’y a plus de doute, «l’action machiavélique concertée et planifiée par les deux tentacule jumelles» a permis de contrôler aussi bien le pouvoir et ses alliés que l’opposition. D’autant que, assure-t-il, «chacun des deux camps n’a pour seule motivation que la défense et la préservation des privilèges indus. Aucune des deux tentacules jumelles ne se soucie des intérêts vitaux des populations».