Motivé par l’ambition de contribuer à une sortie de la crise multiforme que traverse le pays, Anges Kevin Nzigou, jeune avocat et membre de l’opposition a rassemblé le 29 juillet, dans le 6e arrondissement de Libreville, un parterre d’acteurs politiques de son camp pour annoncer la création de comités citoyens.

Les comités citoyens sollicités pour aider à sortir le pays de la crise multiforme. © Gabonreview

 

Alors que de nombreuses solutions sont suggérées pour sortir le pays de l’enlisement socio-politique et économique, accentuée après l’élection présidentielle d’août 2016, Anges Kevin Nzigou, un jeune avocat militant au sein de l’Union du peuple gabonais (UPG, opposition) prescrit de s’en remettre aux comités citoyens. Ces structures sont constituées d’un regroupement de personnes dans chaque quartier, appelées à réfléchir pour le bien de ceux-ci.

Dans son adresse de samedi 29 juillet, à Nzeng-Ayong, l’avocat s’est livré à un long exposé centré sur la notion de citoyenneté. Ce dernier a estimé que sa sortie avait valeur de coup d’envoi d’une caravane citoyenne. Une caravane qui devrait se substituer aux «hommes forts» qui ont longtemps embrigadé la cité.

Les populations ont répondu à l’appel de Anges Kevin Nzigou. © Gabonreview

Dans sa démarche, il perçoit l’opportunité «…de donner aux Gabonais cette condition vitale de l’exercice de la citoyenneté, qui est la liberté de débattre, et donc de savoir, et de nommer. Les comités citoyens de réflexions que j’appelle de mes vœux procèdent de cette volonté», a-t-il indiqué.

Il a appelé les Gabonais à intégrer ces cellules destinées à leur permettre de se réapproprier leur liberté d’action. «J’en appelle aujourd’hui à toutes les femmes et les hommes de bonne volonté. J’en appelle aujourd’hui à toutes celles et ceux qui dans notre pays croient dans la réconciliation de la liberté et du progrès. J’en appelle aujourd’hui à toutes celles et ceux qui ne veulent pas simplement guetter dans la pénombre une lueur d’espérance mais qui veulent l’incarner», a-t-il lancé.

Etre citoyen gabonais, professe-t-il, ne doit pas vouloir rien dire, celui-ci devrait demeurer «digne d’envie», a souligné l’avocat. «Je suis convaincu que notre pays a la force, le ressort, l’envie d’avancer parce qu’il a, en puissance, le peuple qu’il faut. Parce que le Gabon a un peuple qui bouillonne d’en faire un pays moteur du progrès en Afrique, du progrès politique et démocratique, nos compatriotes de la diaspora par leurs actions multiformes ouvrent un chemin. Du progrès pour chacun, parce que le Gabon que nous devons construire, c’est par-dessus tout un projet d’émancipation des individus, d’émancipation de la religion, des conditions d’origine. Ce doit être un pays dans lequel, en partant de rien, le talent, l’effort doivent pouvoir mener à tout», a osé rêver l’avocat.

Si Anges Kevin Nzigou remet en cause la capacité des dirigeants actuels à sortir le pays de l’impasse, il exhorte les Gabonais à «être conscients des nouvelles exigences de notre temps». Un impératif pour affranchir le pays de «l’acharnement d’un système machiavélique, qui n’est plus à la hauteur de rien», a souligné Anges Kevin Nzigou.

Auteur : Alain Mouanda